Grâce à la modification d’une caméra à infrarouge, un prototype mesure en temps réel la pollution émise notamment sur les autoroutes à 3 voies.

Détecter la pollution à distance et en temps réel passe par l’infrarouge

Jusqu’alors, la détection de la pollution s’effectuait par des relevés aériens. Son analyse ajoutée à la température ainsi qu’aux projections de circulation permettaient d’émettre ou non des alertes de pollution à l’ozone, notamment. Cependant, ce système disposait plus d’une valeur empirique que d’une valeur exacte à un moment donné et à un point donné. Un groupe de recherche travaillant dans le cadre du projet INNPACTO, dirigé par Technet et associant les chercheurs du CIEMAT , de Tevaseñal et de l’ UC3M a mis au point un objectif sur une caméra à infrarouge permettant d’effectuer des tests en temps réel sur les émissions automobiles. En effet, le prototype est capable d’effectuer des mesures intelligentes de la circulation routière par la collecte immédiate de données tant sur la densité du trafic que sur les émissions et la consommation propres à chaque véhicule. L’objectif de ce projet est double : analyser l’impact de la circulation sur l’environnement et améliorer la sécurité routière.

L’infrarouge pour détecter les polluants excédentaires de chaque véhicule.

Le prototype mis au point modifie l’image multispectrale d’une caméra infrarouge grâce à des filtres interférentiels. « Ces filtres sont situés dans une roue qui tourne à une vitesse élevée en face du détecteur. Ils fournissent des images consécutives de la même scène sur des bandes différentes, ce qui permet une détection à distance de certains gaz imbrûlés (CO2, CO et HC) » a expliqué Fernando López, chef du laboratoire infrarouge de l’ UC3M. Selon lui, le dispositif est le seul prototype sur le marché capable de mesurer les émissions de chaque véhicule. Alerter les propriétaires de ces voitures serait également appréciable pour ces derniers car qui dit grande émission, dit aussi grosse consommation.

Aiguiller la politique environnementale du gouvernement.

Environ 5% des véhicules seraient responsables de plus de 90% des émissions toxiques selon l’étude.  Les chercheurs espèrent donc de nombreuses applications pour cette technologie à des fins environnementales. Des variations des limites de vitesse sur les routes à grande capacité aux abords des villes pourraient ainsi être préconisées. Un autre exemple type serait de retirer de la circulation les véhicules les plus polluants grâce à des données réelles. De plus, le système apparaît comme une solution logistique complète pour les entreprises de transport notamment. Plusieurs entreprises ibères auraient déjà montré leur intérêt pour l’adopter.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste