Les responsables des réseaux P2P d’échange de fichiers semblent bien décidés à ne pas se laisser intimider par les menaces et les poursuites juridiques de l’industrie musicale. Alors que les...

Les responsables des réseaux P2P d’échange de fichiers semblent bien décidés à ne pas se laisser intimider par les menaces et les poursuites juridiques de l’industrie musicale. Alors que les attaques du Snep en France, de la RIAA aux Etats-Unis promettent d’être de plus en plus sérieuses et fréquentes envers les internautes qui téléchargent illégalement de la musique sur Internet, la résistance s’organise. Comment ? En utilisant la technologie. Si l’industrie musicale a à sa disposition un arsenal juridique fin prêt, les équipes de développeurs des logiciels d’échange ne manquent pas de ressources ni de ruses informatiques, et travaillent aujourd’hui à l’anonymat des utilisateurs qui téléchargent sur leurs réseaux. Plusieurs tactiques sont en cours d’étude ou déjà au point. La société madrilène Optisoft est à l’origine des réseaux Blubster (www.bluster.com) et Piolet (www.piolet.com) qui tournent sur sa plate-forme MP2P. Ses développeurs travaillent actuellement à la prochaine version de MP2P, bientôt disponible, et qui selon Optisoft permettra l’échange de fichiers le plus anonymement possible. Le principe retenu par Optisoft est d’assurer deux niveaux de camouflage des données personnelles de l’internaute. Le premier consiste à attribuer plusieurs adresses IP à chaque utilisateur (qui sont en fait les adresses IP des autres internautes présents sur le réseau), afin de brouiller les pistes : ainsi, il n’est pas possible (ou alors extrêmement difficile) de savoir quel ordinateur est en train de downloader ou d’uploader un fichier. A un second niveau, Optisoft fait en sorte que les fichiers échangés apparaissent comme des fichiers génériques. L’industrie musicale, face au renforcement des défenses de l’ennemi, fait savoir que l’anonymat sur un réseau d’échange n’est jamais garanti. C’est vrai, répondent les responsables des réseaux P2P, mais il n’empêche : avec ces nouvelles techniques, l’identification devient extrêmement laborieuse. (Atelier groupe BNP Paribas - 07/05/2004)