Si accéder à ses informations santé sur le web et bénéficier de services comme le renouvellement d'ordonnance est utile aux patients qui en profitent, certains regrettent un manque de confidentialité et de lisibilité.

Le dossier médical en ligne pas encore des plus faciles d'usage

L'accès à ses informations santé en ligne est-il véritablement utile aux patients ? MyHealtheVet.va.gov est l’un des plus grands portails de santé de l’administration américaine, relevant du ministère des anciens combattants (« Vet » pour  « veteran »). Il délivre des informations sur les procédures mais donne aussi accès en ligne, aux patients, à leur dossier médical. C’est ce site que deux chercheurs de la faculté de médecine de l’université de l’Indiana, à Indianapolis, David Haggstrom et Neale Chumbler, ont décidé d’étudier. L’enjeu : voir comment ses utilisateurs s’en servaient vraiment et ce qui, éventuellement, leur manquait. L’idée étant d’extrapoler ces besoins à d’autres sites de dossiers médicaux pour les améliorer et les rendre plus facile d’usage. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le numéro de décembre 2011 du Journal of the American Medical Informatics Association.

Imprimer les données sous forme graphique

Les chercheurs se sont focalisés sur quatre fonctions de MyHealtheVet: l’inscription et la connexion (sur identifiant et mot de passe), la demande de renouvellement d’ordonnance (depuis 2005, 20 millions de demandes ont transité par le site), la recherche d’informations de santé concernant l’utilisateur (résultats de tests par exemple), la recherche d’information de santé générale, par thème. Le bilan ? Les usagers trouvent que le système de renouvellement d’ordonnance fonctionne mieux qu’ils ne s’y attendaient. Mais problème : certains patients tiquent sur le fait que le nom des médicaments soit visible. Ce qui peut être délicat si l’opération se fait sur un autre ordinateur que celui de l’intéressé, en présence d’autres personnes. Les patients aimeraient aussi disposer d’une vue sous forme de graphique de données telles l’évolution de leur pression sanguine ou de leur taux de glycémie. Et de pouvoir les imprimer, afin de les montrer à leurs médecins.

En France, 55 000 DMP

Avec cette étude, on s’aperçoit que même si le principe d’un site sécurisé pour donner accès à des données personnelles de santé est acquis, il reste à rendre ce genre de plates-formes plus opérationnelles pour l’usager. Celui-ci a non seulement besoin de consulter ses informations mais aussi de les exploiter dans ses démarches concrètes. Ce qui, selon les auteurs de l’étude, fait la vraie “valeur ajoutée” d’un tel portail. En France, après des années d’atermoiement, le Dossier Médical Personnel est enfin en cours de déploiement mais n’en est qu’à ses prémisses : quatre régions pilotes étaient concernées en 2011 (Alsace, Aquitaine, Lorraine, Franche-Comté), pour 55 000 dossiers. Le projet sera déployé à tout le territoire dans le courant de 2012.