Au delà de la réduction du temps de livraison, l’utilisation de drones pourrait faciliter les service de location et de partage entre particuliers.

Les drones soutiennent le développement de l’économie de partage

Amazon par la voix de son PDG Jeff Bezos  vient d’annoncer en fanfare la mise en place prochaine d’un service de livraison quasi instantané grâce à des drones rattachés à son réseau d’entrepôts. Ce service, Amazon Prime Air, ne sera pas disponible avant 2015 et est encore conditionné par l’accord des autorités concernées. L’utilisation des drones inspire déjà de nombreuses initiatives visant notamment à fluidifier les services de l’économie de partage. Néanmoins les services de location entre particuliers ayant fait le succès d’Airbnb ou de GetAround ne sont pas forcément économique viables pour des produits à utilisation ponctuelle et rare avec le cadre technologique en vigueur. Le recours aux drones permet d’envisager des services de location instantanés redéfinissant les rapports mêmes à la propriété, en passant d’un paradigme d’achat vers une consommation basée sur le partage.

Vers un modèle peer-to-peer décentralisé

La technologie offerte par les drones et notamment la quasi ubiquité des livraisons permet en effet d’envisager des nouveaux modes de consommation davantage axés sur le partage. Sam Lessin, chef de produit Facebook l’un des plus fervents théoriciens de ce mouvement voit dans Amazon Prime Air et sa technologie sous-jacente une avancée similaire à Uber ou le projet de voiture connectée de Google, participant d’un mouvement concourant à la « fin de la propriété ». Grâce à l’optimisation du temps de livraison, des procédés déjà expérimentés dans des secteurs spécifiques (culture, transport, immobilier) pourraient se généraliser et étendre la portée de l’économie de partage. Ainsi les services proposés par Netflix permettant de se faire livrer un dvd par voie postale avant de le renvoyer pourraient être repris par des entreprises de location de biens divers, vêtements, ustensiles de cuisine ou encore outils de bricolage utilisés épisodiquement. Selon Lessin les drones permettront donc à long terme de modifier les habitudes de consommation, les utilisateurs pourront réduire leur champ de propriété pour se concentrer sur un accès généralisé à des biens et services variés.

Des contraintes réglementaires et financières tenaces

Cependant le cadre légal du développement généralisé des drônes de livraison reste à préciser. En effet la circulation aérienne aux Etats-Unis est soumise à un contrôle très strict de l’agence fédérale FAA, qui n’a pas encore dévoilé de position clarifiant le statut des drones domestiques et industriels. Dans le “roadmap” mis en ligne par l’agence, celle-ci envisage de rendre obligatoire la présence de pilotes agréés contrôlant la trajectoire des drônes et envisage un plan de standardisation sur 5 ans. Par ailleurs le coût de ce nouveau mode de livraison n’est pas forcément compétitif par rapport aux alternatives en vigueur. Selon R. John Hansman Professeur en aéronautique au MIT le business model reste encore à déterminer et il est probable que les sites de e-commerce facturent un premium pour rentabiliser ce service ultra-rapide. Enfin pour assurer un service performant et sans friction, il est nécessaire d’établir un écosystème envisageant les différentes alternatives et contraintes techniques. Par exemple Matternet, startup de location par drones issue de l’incubateur de la NASA Singularity University prévoit de déployer un réseau de stations de rechargement pour les drones effectuant des livraisons de longue distance notamment pour acheminer du matériel médical dans des pays en développement.

 

 
Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste