Deux algorithmes pourraient bientôt permettre aux drones de négocier automatiquement les obstacles.

Quand les drones voleront sans risques

En décembre dernier, la Federal Aviation Administration (FAA) américaine a rendu obligatoire l’enregistrement de leurs drones pour tous les américains, premier pas vers la mise en place d’une législation permettant leur démocratisation. Si les drones de livraison sont aujourd’hui sous le feu des projecteurs, avec le projet d’Amazon, mais aussi de Google ou encore Walmart, les usages potentiels vont bien plus loin : exploration minière, détection de ressources, sauvetage, agriculture, assistance aux forces de l’ordre, transport de personnes, drones solaires susceptibles de remplacer les satellites, et même réalisations artistiques

Mais un certain nombre d’obstacles doivent d’abord être résolus, et en particulier le risque de crash. Qu’ils soient pilotés par des humains, qui ne sont pas toujours des as de l’aéronautique, ou par des logiciels, les drones s’écrasent, et ce à haute fréquence, causant des risques pour les passants, des destructions potentielles, des pertes pour leurs propriétaires.

Deux élèves du Laboratoire d’Informatique et Intelligence Artificielle du MIT ont mis au point deux algorithmes complémentaires qui pourraient bientôt permettre aux drones sans pilotes de voler en parfaite sécurité. Le premier permet à l’appareil d’analyser son entourage pour tracer sa route sans encombres. Contrairement à la plupart des algorithmes du genre, il met en évidence non pas les obstacles, mais les zones dégagées, une technique qui, selon son créateur, un certain Benoit Landry, est plus efficace dans les petits espaces encombrés.

Mais pour se frayer un chemin, le drone aura besoin du second algorithme, développé par un étudiant en PhD nommé Anirudha Majumdar. Celui-ci combine plusieurs routines de vol que l’appareil peut enchaîner pour effectuer des manoeuvres dignes des chevaliers du ciel. L’algorithme les sélectionne automatiquement en fonction de la position du drone, de sa destination, et de variables comme l’environnement et la vitesse du vent. Les deux algorithmes ne sont pas encore au point pour être mis sur le marché : le premier a encore une vitesse de calculs trop lentes, tandis que le second n’offre qu’un nombre de manoeuvres limitées. Néanmoins, ils contribueront sans doute, tout comme la cartographie à laquelle nous faisions récemment écho, à sécuriser l’usage des drones, et donc à faciliter leur adoption à grande échelle.

 
Rédigé par Guillaume Renouard