sur le campus de Trinity College, la grande université de Dublin, n'a rien à envier à ses soeurs californiennes. Introduite sur la bourse new-yorkaise en début d'année, ses six fondateurs sont deven...

sur le campus de Trinity College, la grande université de Dublin, n'a rien à envier à ses soeurs californiennes. Introduite sur la bourse new-yorkaise en début d'année, ses six fondateurs sont devenus milliardaires. Comme l'explique Colin Newman, directeur du marketing et vice-président de Iona "Iona a inventé un software qui permet de relier tous les softwares" "une "colle" qui permet d'utiliser des applications ou programmes normalement incompatibles" qui rajoute amusé "les gens ont un peu de mal à croire que ce sont six braves Irlandais qui ont trouvé ce programme, battant Sun ou Microsoft". Passant de 25 employés en 1994 à 350 aujourd'hui "on embauche toutes les semaines", Iona compte des clients aussi prestigieux que Motorola, Matra ou Boeing. John Fitzgerald, économiste, fut l'un des rare à prédire cette formidable réussite du "miracle" économique irlandais "Iona est un véritable exemple de la réussite irlandaise" "environ un pour cent de la population active irlandaise travaille dans la programmation et plus de 6 % dans l'informatique, un record mondial, on fait mieux que la Californie". Devenue désormais "le tigre celtique", l'Irlande accueille les plus grands noms de l'informatique américaine, que ce soit Microsoft, Apple, Intel, Hewlett-Packard, attirés aussi bien par des subventions gouvernementales, que par un impôt sur les bénéfices limité à 10 % garanti jusqu'en 2010 ou un choix de main d'oeuvre unique au monde. Depuis cinq ans, cette croissance, fondée sur une association étroite entre patronat, syndicats et Etats, tourne autour de 7 à 8 % par an et ne semble pas prête de vouloir s'arrêter. Des accords étant tous les trois ans définis par les partenaires sociaux aussi bien sur les objectifs de salaire que sur les améliorations des conditions de travail, sur l'évolution du secteur public ou les taux d'imposition, l'Irlande ne connait aucune grève . Désormais, Dublin, à l'image du continent, connait un boom immobilier, le prix des maisons augmentant de 20 % par an. Revers de la médaille, les services publics ayant du mal à suivre cette frénésie de construction, certains quartiers doivent attendre pendant des mois l'adduction d'eau et l'électricité. Devenue une terre d'immigration, l'Irlande est paradoxalement victime d'un taux de chomage élevé de près de 12 %. Cependant, en raison de la pression du marché de l'emploi, le nombre des chômeurs a depuis quelques mois légèrement diminué, les services, la construction ayant embauché "c'est un très bon signe et on espère arriver à 7 ou 8 % d'ici deux ou trois ans". (Libération - 18/08/1997)