Les jeunes préfèrent s'en tenir à des usages bien implantés comme l'acquisition de produits électroniques. Laissant d'autres formes de consommation aux mains des Baby Boomers.

Si la fameuse génération Y est familière avec l'achat en ligne, elle ne s'intéresse pas encore à tous les types de produits disponibles, expliquent Integer et M/A/R/C Research dans une étude. Selon eux, ces jeunes augmentent en permanence le nombre de leurs achats en ligne - deux fois plus importants en volume que ceux réalisés par les 50-64 ans. Mais ils ne sont pas prompts à s'intéresser à des marchés plus récents comme la vente de biens de consommation courante (produits de beauté, de santé, et alimentation). Au contraire, ils privilégient les biens dits traditionnels. C'est-à-dire des appareils électroniques, des vêtements, des livres et de la musique. Quant au public le plus friand de ce type de produits, c'est contre toute attente celui des Baby Boomers. Un constat qui ne surprend pas François Ziserman, consultant en e-commerce et interrogé par L'Atelier.

Un achat de praticité et pas d'impulsivité

"Il ne faut pas oublier qu'il y a plusieurs dimensions dans l'e-commerce : la recherche du meilleur prix et de la comparaison, compatibles avec les biens de type électroniques. Et le côté commode, plus propre aux produits de consommation courante", explique-t-il. "Il n'est pas étonnant que les 50-64 ans soient plus attirés par cet aspect-là que les plus jeunes générations". Autant de données dont doivent s'emparer les marchands en ligne pour proposer des offres adaptées à leur public et d'autres destinées à séduire de nouvelles cibles, explique l'étude. "Les profils de consommateurs qui recherchent plusieurs catégories de biens à la fois, introduisent une nouvelle forme de comportement d'achat en ligne", note Craig Elston, vice président senior d'Integer. Or le problème, est-il souligné, c'est que les commerçants spécialisés dans le marché des biens de consommation courante ont encore parfois du mal à passer efficacement le pas du web. Ce qui fait que pour le moment, quasiment la moitié des individus interrogés explique n'avoir jamais et ne pas envisager d'acheter ce type de produits en ligne.

Jouer sur la facilité

"C'est vrai qu'il y a encore du travail à faire, pour aller vers plus de simplicité", approuve le consultant. "Si l'on veut encourager des achats que l'on ne peut pas qualifier d'impulsifs mais de réguliers, il faut que cela soit facile à tous les niveaux". Soit à celui de la livraison comme du design. Et de rappeler que les sites sont encore nombreux à ne pas encore intégrer d'outils de facilitation de la navigation comme celle à facettes ou le panier persistant d'une semaine à l'autre. "Les marchands doivent comprendre qu'il existe des habitudes profondément ancrées chez les consommateurs et auxquelles ils doivent se confronter", note Craig Elston. Reste que, souligne François Ziserman en direction de la génération Y, "peut-être qu'il ne s'agit pas uniquement d'un problème d'offres. Les jeunes générations n'ont pas encore forcément des besoins de consommation régulière", conclut-il.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media