Actuellement estimé à près de 13 milliards de dollars, toutes tailles confondues, le marché des écrans plats devrait tripler d'ici trois ans. Selon une récente étude de l'Idate, le marché mondial po...

Actuellement estimé à près de 13 milliards de dollars, toutes tailles confondues, le marché des écrans plats devrait tripler d'ici trois ans. Selon une récente étude de l'Idate, le marché mondial pourrait atteindre en 2003 les 43 milliards de dollars. Progressivement, qu'ils soient à cristaux liquides, à plasma, à micropointes ou en polymères, les écrans plats envahissent le quotidien. Electrolux devrait commercialiser l'an prochain le premier réfrigérateur intégrant dans sa façade un écran à cristaux liquides tenant les comptes des provisions au frais, surveillant les dates de préemption et commandant seul les aliments manquants à partir d'une liste préalable. Grâce à la technologie plasma, les très grands téléviseurs de plus d'un mètre de diagonale vont devenir aussi extra-plats à la maison, après avoir envahi les entreprises et les salles de marchés. Depuis un an, la technologie à micropointes a déjà fait, pour sa part, une entrée remarquée dans l'appareillage médical. Les spécialistes sont formels "le marché des écrans plats est semblable à celui des semi-conducteurs il y a une vingtaine d'années et toutes les technologies ont leur carte à jouer, selon les applications développées". On ne peut en effet comparer l'écran plat pour un portable, pour un téléphone, un ordinateur et un écran géant de télévision, excepté peut-être leur prix. Les technologies écrans plats restent en effet chères. Pour un moniteur à cristaux liquides de 18 pouces sur un ordinateur de bureau, il faut compter 25 000 F et le double pour un téléviseur grand format. D'autre part, leur méthode de fabrication délicate nécessite des salles blanches. La moindre poussière sur un écran le rendant inutilisable, le taux de rebut dans la chaîne de production peut atteindre plus de 30 %. Toutefois, le cabinet américain Brian Noris assure "d'ici cinq ans, les écrans à cristaux liquides devraient commencer à s'imposer". Pariant sur un décollage rapide du marché, certains fabricants renchérissent "voire avant". Les grands de l'informatique et de l'électronique grand public, tous y croyant, multiplient les accords. Ainsi, les japonais Fujitsu et Hitachi se sont alliés en avril dernier pour créer une filiale commune Fujistsu Hitachi Plasma Display, première société au monde spécialisée dans la fabrication exclusive d'écrans à plasma. Tout comme Thomson Multimédia associé au japonais NEC, ils veulent développer une nouvelle génération d'écrans, moins coûteux et moins gourmands en énergie. Canon et JVC préfèrent miser ensemble sur la technologie des micropointes. Sharp, Sony et Philips travaillent de leur côté en commun sur une technologie appelée PALC. Enfin, l'américain Kodak et le japonais Sanyo se sont alliés pour produire, d'ici l'an 2000, les premiers écrans en polymères devant équiper des appareils photo numériques et des organiseurs de poche. Selon la taille de l'écran et l'application, on privilégiera telle ou telle technique : les cristaux liquides pour les petits, le plasma pour les grands. Possédant de nombreux atouts : meilleure qualité d'image, baisse du prix de revient des moniteurs, le passage au tout numérique devrait séduire les utilisateurs et ouvrir de nouveaux débouchés. 70 % du marché concerne actuellement encore les écrans des ordinateurs portables. Les ténors sud-asiatiques de l'électronique grand public contrôlent essentiellement ce marché. Malgré un prix d'accès très élevé, l'arrivée des écrans plats à la Bourse de Paris améliore les conditions de travail. (Dossier de trois pages - La Tribune - 5/05/1999)