Les entreprises ne doivent pas dématérialiser totalement leurs solutions d'apprentissages : les supports d'e-learning doivent être combinés à un soutien humain.

Combiner les modalités d'apprentissage pour optimiser la formation en entreprise : selon la récente étude de Demos sur le e-learning, il s'agit d'une nouvelle tendance en fort développement en entreprise. Comme l'explique explique à L'Atelier Philippe Gil, co-directeur de Demos e-learning, ce système, appelé le blended learning, mixe "séances en présentiel avec un formateur, et temps de formation distancielle asynchrone durant lesquels l'apprenant s'autoforme via des outils technologiques". Et éventuellement classes virtuelles : en temps réel, plusieurs individus sont connectés à un enseignant. Cette combinaison permet d'optimiser l'apprentissage, en utilisant à la fois les bénéfices de la technologie et de l'aide humaine.
Vers le mobile learning
Un biais pour mettre l'accent sur les relations humaines est le recours aux outils collaboratifs. Dans le cadre de la formation, ce type de plates-formes d'échanges, très tournés terrain, "fonctionne comme le compagnonnage. Il n'y a pas de relation maître à élève, mais un échange d'expériences au sein d'une communauté", explique Philippe Gil. A noter également l'émergence d'un nouvel outil dans l'e-learning d'entreprise : le mobile. Après la classe, le livre et l'ordinateur, le mobile, pour le co-directeur de Demos, apparaît comme un outil qui combine autoformation et présentiel : "grâce au mobile, la formation sort de la salle. Elle devient 100 % nomade et multimédia." Le téléphone peut être utilisé pour prévenir d'une inscription, pour accéder à du contenu, comme l'iTunes University, ou servir en temps réel, en cours, pour répondre à des quiz. 
Combiner les systèmes
A noter : selon Philippe Gil, la formation n'est plus un moment particulier : les participants ne s'enferment plus dans une salle durant plusieurs jours. Mais utilisent des outils de manière éclatée pour recevoir un flux de formation continu, et mettre en pratique l'apprentissage. "Les outils informatiques d'autoformation peuvent être efficaces s'ils sont de qualité, et bien scénarisés", poursuit le directeur. Ils peuvent donc aisément, et à moindre coût, remplacer trois jours de cours magistral en présentiel. Ce qui dégage du temps pour les tuteurs en face à face, qui peuvent alors mettre en place des séances plus interactives et dynamiques. "Réinvestir de l'humain dans la formation motive, rassure et accompagne l'apprenant", rappelle Philippe Gil.