La France serait "à la traîne" dans le développement numérique, notamment parce qu'elle n'injecte pas assez dans le secteur.

eG-8 : l'informatique doit être vue comme un investissement, pas un coût

Encore beaucoup de dirigeants français ne voient dans le numérique qu'un mal nécessaire et la formation dans le domaine serait insuffisante en France, constate l'Institut Montaigne dans son rapport  intitulé "Le défi numérique". Dans celui-ci, l'organisme livre sa vision afin de renforcer la compétitivité nationale en la matière. Le problème, c'est que le numérique n'aurait pas encore été considéré comme facteur de croissance et les investissements en numérique dans le PIB ont été d'environ 1,7 % en France durant les cinq dernières années alors qu'ils furent presque plus du double aux Etats-Unis. Il faudrait donc davantage considérer l'informatique comme un investissement que comme un coût, et mettre en place des actions qui concernent tant les acteurs économiques, les institutions que les citoyens.

Des actions publiques...

Pour l'Institut Montaigne, l'impératif est de mettre en œuvre des politiques numériques nationales dans la santé, l'éducation et la justice. Cela en expérimentant par exemple davantage les processus de collaboration numérique au sein des agences régionales de santé, ou encore en promouvant au mieux les espaces numériques de travail dans l'enseignement. Tout en confiant au Conseil national du numérique des missions visant à améliorer les contenus éducatifs. Dans le système judiciaire, il s'agirait d'instaurer un dispositif d'arbitrage en ligne, qui permettrait par exemple de régler certains litiges comme ceux liées au commerce électronique afin de répondre aux difficultés rencontrées par les conflits de lois et juridictions traitant de l'e-commerce.

...sans oublier les entreprises

Enfin, il faudra accompagner les collectivités territoriales et les administrations de l'Etat dans leurs politiques de dématérialisation, dans le cadre d'un programme "dématérialisation 2020". Pour s'élancer dans le numérique, les PME et TPE ont besoin d'aides à l'investissement et cela passera par des ressources partagées. En ce sens l'Institut recommande la création d'un programme prônant la compétitivité des PME dans l'économie numérique, en collaboration notamment avec l'Agence chargée de la fonction d'inspection et les Chambres de commerce et de l'industrie. Cela notamment dans le but de les aider à accéder à des informations pratiques afin de mettre en place leurs stratégies numériques. Autre originalité issue des propositions du rapport, la France pourrait par exemple autoriser des taxations des entreprises étrangères à l'impôt sur les sociétés pour les ventes qu'elles effectuent sur leurs sites.