EnerBee, start-up grenobloise est finaliste du prix EDF Pulse 2015. Son innovation ? Un micro-générateur basé sur le mouvement qui permet aux appareils de la maison, objets connectés notamment, de fonctionner en toute autonomie.

EnerBee remplace l'alimentation des objets connectés par un micro-générateur

La fameuse "domotique" est en phase de s’imposer. Cependant, si recharger chaque soir son smartphone semble plutôt bien ancré dans les habitudes des utilisateurs, il n’en va pas nécessairement de même quant il s’agit de recharger une montre connectée, un bracelet, une télécommande intelligente, etc. C'est à cette problématique qu'essaye de répondre le micro-générateur EnerBee, né de, la collaboration entre quatre établissements, dont le CNRS et l’université Joseph Fournier de Grenoble et finaliste du prix EDF Pulse 2015 dont les résultats seront dévoilés le 3 mai prochain. Avec cinq brevets déposés, celui-ci est en effet capable d’accumuler de l’énergie à partir de mouvements lents ou rapides et, ainsi, alimenter l’appareil auquel il est greffé. Car comme le rappelle Pierre Coulombeau, PDG d’EnerBee : « nous sommes prêts à recharger quotidiennement des objets que l’on considère précieux comme le smartphone mais quand d’autres, peut-être pas encore essentiels à nos yeux, viennent s’additionner à la liste, l’obligation de recharger souvent peut constituer un frein de développement ». Or le débat récent sur l’avenir des montres connectées met justement en avant l’importance de la capacité autonomie dans son futur succès commercial.https://lh4.googleusercontent.com/WYt5T4zgfCyjdf7iinxzrjhTyV-JMLWJ-K6odQoBGjb4rPcbCb_eJVpgfjuQwog5wy4iOFihzrfh9p04H1P4RmGAh6sOTFwHuYMJ5SmyJWThVcFNeoDOQ0-7-uU3YM-4qrRQ6hA

EnerBee, un micro-générateur qui pourrait bien rendre les objets connectés autonomes en énergie

Un générateur unique, alimenté par des mouvements lents comme rapides

Comment fonctionne-t-il ? «  Notre produit marche comme une dynamo », commente Pierre Coulombeau mais sa particularité réside dans sa capacité à produire de l’énergie à partir de mouvements à vitesse lente et irrégulière, comme le geste d’ouvrir ou fermer un interrupteur par exemple.

Alors que dans le cas d’une dynamo, « si le mouvement est ralenti sous une certaine vitesse, il n’y aura plus d’énergie produite », continue le PDG d’EnerBee.

Dès lors, le micro-générateur d’EnerBee, autonome, pourrait venir remplacer la pile ou la batterie, et ce dans diverses applications, qu’il s’agisse d’objets connectés grand public ou industriels. Il peut également remplacer le câble qui fournit l’alimentation électrique de certains objets, comme les appareils de contrôle d’accès à un bâtiment par exemple, le tout sans « sans réitérer leurs contraintes ». Et pour cause, la question du recyclage des batteries ou encore des piles usagées, dont la vente annuelle mondiale dépasserait les 30 milliards d’unités à elles seules, est bien réelle. L’ADEME, l’Agence de l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie, soulignait d’ailleurs en septembre dernier dans un livret à destination des usagers qu’« une fois jetés, ils [les piles et batteries entre autres]génèrent des déchets qui peuvent présenter un risque significatif pour la santé et pour l’environnement ».

 

Un produit au potentiel de révolutionner la smart city

Au delà de l’impact environnemental et de l’amélioration de l’expérience utilisateur, le micro-générateur d’EnerBee s’inscrit dans une volonté de réduction des coûts. Pierre Coulombeau prend notamment l’exemple des interrupteurs-variateurs de lumière dont l’alimentation en énergie nécessite l’installation d’un câble. « Avec ce produit, il est possible d’alimenter l’appareil par le mouvement et ainsi remplacer le câble par une communication sans fils ». Pour l’heure, le micro-générateur est en phase de test chez différents clients professionnels.

La smart home et le smart building, avec des produits comme les portes dont l’accès est contrôlé par des badges ou encore le compteur à gaz et à eau intelligent, forment également de vastes terrains de jeu pour EnerBee et son micro-générateur.

Il n’en reste pas moins que le produit convainc. Pour preuve, deux fonds et deux banques ont investi à hauteur de 2,5 millions d’euros dans l’entreprise pour accélérer son développement, « une étape décisive » comme le relève Pierre Coulombeau. Un bel avenir se profile donc pour EnerBee, dont la solution devrait être commercialisée d’ici fin 2016.

Rédigé par Pauline Canteneur