L’Observatoire du véhicule d'entreprise a organisé le mardi 13 octobre une matinée de tables rondes autour des énergies de demain pour les flottes automobiles.

Quelles énergies pour les véhicules d'entreprise de demain ?

Alors que l'organisation imminente à Paris de la COP21 ramène le sujet des énergies renouvelables sur le devant de la scène, de nombreuses entreprises se demandent dans quel type de véhicules il est souhaitable d'investir. Aujourd'hui, les entreprises sont plus que quiconque confrontées à de grandes inconnues que sont la géopolitique du pétrole, la résilience des pétroles de schiste américains, la demande en énergie des pays émergents comme la Chine, le cours du dollar, la possibilité d'une nouvelle taxation du carbone suite à la COP21 ou encore les retombées du scandale « das Auto ». L’Observatoire du véhicule d’entreprise a souhaité faire un point sur les possibilités qui s’offrent désormais aux entreprises.

Hybrides, électrique et biocarburants…

Il faut savoir que pour le moment les véhicules hybrides ne représentent que 2,5% des véhicules utilisés par des particuliers. La loi de finance 2016 qui est en train d'être votée prévoit par ailleurs de réduire les aides fiscales sur l'hybride ce qui ne devrait pas aider le marché à se développer.

Le marché des voitures électriques se développe quant à lui depuis bientôt 4 ans. Même si les infrastructures ont mis un certain moment à se développer en France, elles seront très bientôt optimales et la très grande majorité des utilisateurs se disent satisfaits du choix de l'électrique. Des bornes de rechargement rapides permettront d'atteindre 80% de recharge de la batterie en seulement 30 minutes. Bolloré va de son côté installer 16 000 bornes de rechargement sur l'ensemble du territoire. L'heure de vérité va bientôt sonner pour les voitures électriques avec l'arrivée des premiers véhicules d'occasion sur le marché. Si ceux-ci réussissent à facilement trouver preneur chez les particuliers, il y a fort à parier que de plus en plus d'entreprises opteront pour ce choix. Ceci est d'autant plus vrai que la flotte électrique nécessite moins d'entretien que la flotte thermique puisqu'elle utilise moins les plaquettes de freins.

OVE

Les biocarburants restent un marché de niche en France alors qu'ils fonctionnent très bien au Brésil ou en Suède. Le scandale de la concurrence liée à l'usage alimentaire des terres ne se pose plus pour les biocarburants de deuxième ou de troisième génération ce qui apaise aussi le débat en période de sensibilisation sur la préservation du climat. Mais les choses vont peut-être changer peu à peu, Volkswagen a par exemple sorti une voiture fonctionnant grâce à de l'éthanol qui s'avère être très fonctionnelle et présente l'avantage non négligeable des bas coûts de ces combustibles.

Et pour les carburants “classiques”

Enfin, les spécialistes s'accordent sur le fait que l'hydrogène sera probablement l'énergie star de demain mais dans un horizon plus lointain de 10 ou 20 ans. Le principal avantage de la pile à combustible est de prolonger l'autonomie de la batterie afin de permettre à la voiture de parcourir au moins 500 km d'affilée tout en ne rejetant que de la vapeur d'eau. A travers le globe, des stations à hydrogène commencent peu à peu à se déployer. Bien qu'encore absentes du territoire national, il y a fort à parier que cette énergie fera beaucoup parler d'elle à l'heure de la smart mobility.

Pour répondre à toutes ces incertitudes, une première table ronde s'est intéressée aux énergies essence et diesel. Selon les invités présents, on peut s'attendre à un lourd impact du scandale Volkswagen entraînant à terme un rééquilibrage entre le parc essence et le parc diesel. Pour le moment les véhicules d'entreprise utilisent principalement du diesel mais sachant que ces véhicules sont voués à passer ensuite sur le marché de l'occasion pour les particuliers et que ceux-ci sont de moins en moins friands du diesel, il y a fort à parier que des changements soient à venir. Finalement, entre essence et diesel, les spécialistes n'orientent pas dans un sens ou dans l'autre mais conseillent d'adapter l'achat à l'usage qui va être fait de la voiture en question.

 
Rédigé par Constance Guyon
Journaliste / attachée de production