Afin d'améliorer la communication au sein des entreprises, le développement d'applications open source communautés par communautés pourrait faciliter et optimiser les recherches des employés.

Interview de Stéfane Fermigier, fondateur d'Abilian, plate-forme open source pour application de « social business », rencontré à l'occasion de la seconde journée du forum Enterprise 2.0.

L'open source n'est pas nouveau et de nombreux acteurs entrent en scène dans ce domaine, en quoi votre projet est-il différent des autres ?

Stéfane Fermigier : Aujourd'hui, l'innovation va plus vite côté grand public qu'au sein des entreprises qui doivent donc adopter ces innovations grands publics et les adapter à leurs sociétés. Toutefois, à l'inverse des anciens logiciels d'entreprise qui étaient très cloisonnés, les nouveaux doivent avoir une composante réseau social afin que les employés aient plus de facilité à les utiliser et soient par conséquent plus productifs.                                            Notre projet, qui est encore en phase de développement, s'appelle Abilian et est un projet open source de réseau social d'entreprise. C'est un outil de travail collaboratif qui offre aux groupes qui l'utilisent la possibilité de partager des documents, des informations et de savoir qui fait quoi mais de manière non intrusive et régulée, dans le but d'obtenir l'information dont on a besoin le plus vite possible. On s'est aperçu que d'un côté il y a des gens qui ont des questions, et de l'autre ceux qui ont les réponses, il faut donc mettre en relation ces personnes rapidement. Notre service se présente comme un intranet pour les entreprises mais possède une spécificité : l'aspect métier.

Pour vous c'est ce type d'outils que les entreprises doivent adopter dans les prochaines années ?

Oui, chaque type de métier a besoin de telle ou telle information spécifique à son domaine et ce qu'offre notre projet. Les prochains projets vont donc tendre vers le développement de mini applications, communautés par communautés et les entreprises vont devoir adopter cela. Plus pratiques et plus pertinentes, ce type de réseaux sociaux open source « personnalisé » permet aux employés d'effectuer des recherches ciblées et plus rapides. Chaque communauté d'entreprise aura accès aux informations de son secteur sans passer par tout ce qui s'est dit avant. De plus, les processus de l'entreprise ont besoin d'être plus ouverts, mais pour cela, il faut avoir des plate-formes, des logiciels qui permettent cette évolution.

Ce type de projets open source parviendront-ils à être rentable ?

Ils le sont déjà. Aujourd'hui, l'open source réalise près de 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaire rien qu'en France. C'est un secteur très rentable qui va être de plus en plus exploité, mais qui marche mieux pour les grosses entreprises plus performantes en terme de veille que les PME. Il faut rappeler que dans l'open source, il y a trois acteurs principaux: les éditeurs qui développent les logiciels, les cellules de veille des grandes entreprises qui testent les nouveaux logiciels en les téléchargeant, et les entreprises qui vont acheter ou non ces nouveaux produits. Quand on développe un produit open source il faut ensuite le vendre et c'est là que les cellules de veille interviennent. Les projets open source, qui sont par définition libres d'accès et gratuits se financent donc grâce aux abonnements. Une fois que les cellules de veille ont testé les logiciels, elles proposent aux entreprises pour lesquelles elles travaillent d'acheter ou non le projet. Par la suite, les entreprises discutent avec les éditeurs (qui sont les garants de leur projet) et leur demandent d'adapter leur projet à leur entreprise. Généralement, les logiciels vendus seront ensuite repris par d'autres, selon la définition de l'open source.

 

Rédigé par Kathleen Comte
Journaliste