Sur le principe du crowdsourcing, Mindfire s'appuie sur une communauté d'universités pour faire collaborer des étudiants à la résolution de problèmes spécifiques. En échange : des opportunités de carrière et une formation.

Faire appel au crowdsourcing pour recueillir des idées originales permet d'en faire émerger de nombreuses, et augmente ainsi les chances de détecter des solutions innovantes. Partant de ce postulat, Ketchum - une agence conseil en relations médias - lance Mindfire. L'initiative permet à des étudiants américains, anglais et chinois* de rejoindre le site, pour résoudre collectivement des problèmes spécifiques. Des entreprises clientes de Ketchum peuvent ainsi profiter des travaux des universitaires. En contrepartie, les étudiants bénéficient d'une offre personnalisée de formation, voire d'opportunités de carrière. "Des idées créatives ont toutes les chances d'émerger d'une communauté de facultés internationales", explique à L'Atelier Karen Strauss, CIO responsable du projet. "Nous obtenons la permission auprès de notre client de soumettre certains problèmes aux étudiants, qui ont préalablement accepté de respecter des clauses de confidentialité", détaille-t-il.

Faire émerger des idées et solutions innovantes

Lorsqu'un problème est ajouté à la plate-forme, les universitaires sont encouragés à poster des solutions innovantes. Les plus pertinentes seront proposées aux entreprises. Celles-ci peuvent également repérer, parmi les étudiants, les meilleurs éléments, et éventuellement leur proposer un poste. "L'initiative est séduisante, d'autant que beaucoup d'aspects fondamentaux sont réunis", indique à L'Atelier Sébastien Buffier, consultant chez Inova. "D'abord l'outil : il est essentiel d'avoir une plate-forme informatique pour ce type de projets. Cela renforce la collaboration, autour de grandes problématiques", souligne-t-il. "Cibler une population - en l'occurrence universitaire - est également judicieux", précise le spécialiste. Avant d'ajouter : "la notion de récompense est pertinente, d'autant qu'elle est ici personnalisée, avec des formations individuelles". Pour le consultant, les populations étudiantes, qui font partie de la génération Y, sont par ailleurs plus à même d'exprimer des points de vue innovants.

Les récompenses personnalisées sont pertinentes

"Leurs idées apportent de la fraîcheur à la réflexion, dans la mesure où les étudiants n'ont pas encore intégré l'espace fermé de l'entreprise", explique le responsable du projet. Chacun des participants peut évaluer la pertinence des idées partagées sur le site, par un vote positif ou négatif. "Le vote négatif n'est pas conseillé, lorsque l'on met en place des outils collaboratifs", déplore le consultant. "Il faut encourager le maximum de participants à s'exprimer librement, et ne pas hésiter à en récompenser un nombre important, pour soutenir la dynamique collective", explique-t-il. Julien Gallois, d'Inova, précise à L'Atelier que plusieurs projets similaires se développent aussi en France. "L'initiative baptisée 'création pour un produit innovant' (CPI) fait intervenir différentes grandes écoles, en se fondant sur des aspects pluridisciplinaires", note-t-il.

* Des universités de Bournemouth, du Colorado, de Cornell, de New York, de Carnegie Mellon et d'Hong Kong.

Rédigé par Basile Segalen