Le lien entre la science et l'industrie est encore trop faible en Europe selon Eurostat, qui livre dans un rapport une estimation des sources d'information préférées des entreprises innovantes. Pourtant, des solutions existent pour stimuler la coopération et dynamiser l'économie...

Le lien entre la science et l'industrie est encore trop faible en Europe selon Eurostat, qui livre dans un rapport une estimation des sources d'information préférées des entreprises innovantes. Pourtant, des solutions existent pour stimuler la coopération et dynamiser l'économie.
 
La coopération entre les entreprises européenne innovantes et le secteur public est encore trop faible, selon Eurostat, qui livre une enquête communautaire sur l'innovation sur la période 2002-2004. Cette absence de lien se vérifie d'ailleurs dans le domaine de l'information. En effet, près de la moitié des firmes de l'Europe des 27 s'informe en interne, contre seulement 5% qui ont recours à des sources institutionnelles. Pour les gouvernements nationaux, il est dès lors primordial de stimuler la collaboration entre privé et public pour parvenir à mettre en œuvre une interface science-industrie efficace.
 
86% des groupes chypriotes préfèrent les ressources internes
 
Le recours à l'information en interne diffère selon les pays. La palme revient à Chypre, dont 86% des entreprises préfèrent l'exploitation de ressources internes, contre seulement 32% des entreprises innovantes lituaniennes. Autre moyen d'information très plébiscité: les sources de marché, qui recoupent les clients, les fournisseurs, les concurrents et les laboratoires commerciaux. Dernières sources favorites des groupes européens spécialisés dans l'innovation: les revues scientifiques, les conférences et autres associations professionnelles pour s'informer.
 
Les entreprises frileuses envers les sources institutionnelles
 
En marge de ces ressources privées, les sources d'information institutionnelle - les universités, les instituts d'enseignement supérieur et ceux de recherche gouvernementaux ou publics - sont délaissés. En effet, les entreprises innovantes, qui coopèrent généralement avec différents partenaires - une entreprise sur trois est engagée avec au moins un partenaire - annoncent, pour mener cette action commune, préférer s'adresser en majorité aux autres acteurs du marché comme les fournisseurs et les clients (entre 9 et 17% selon les pays). Elles sont seulement entre 6 et 9% à s'adresser aux institutions publiques.
 
La stimulation de l'innovation des instituts de recherche publics en ligne de mire
 
Selon une communication de la Commission européenne publiée en avril 2007, l'un des facteurs clés de ce manque de coopération réside dans le manque d'innovation des instituts de recherche publics. "Par rapport à l'Amérique du Nord, la moyenne des universités en Europe produit beaucoup moins d'inventions et de brevets", explique le rapport, qui précise que cette faible activité est principalement à imputer à "une gestion moins systématique et moins professionnelle des connaissances et de la propriété intellectuelle". Autre facteur: les différences culturelles, le manque d'incitations, les obstacles juridiques et la fragmentation des marchés des connaissances et des technologies.
 
Pour faire de l'interface science-industrie un acteur dynamique du développement, plusieurs solutions existent, comme la mise en place d'institutions et de plates-formes de relais efficaces, de réseaux sociaux et professionnels, d'octroi de brevets et de partenariats publics-privés.

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(Atelier groupe BNP Paribas – 04/07/2007)