Si 2004 était considérée par certains comme l'année Google, que dire de 2005 ? Toujours leader sur le domaine de la recherche en ligne, la firme de Mountain View a su profiter de sa stratégie...

Si 2004 était considérée par certains comme l'année Google, que dire de 2005 ? Toujours leader sur le domaine de la recherche en ligne, la firme de Mountain View a su profiter de sa stratégie R&D pour étendre ses ramifications dans tous les usages liés à Internet, tout en faisant grimper toujours plus ses recettes publicitaires.

Google fascine, Google séduit. L'entreprise conserve pour beaucoup son image de start-up dynamique, même si l'on aurait plutôt tendance à placer une entreprise valorisée à plus de cinquante milliards de dollars dans la cour des géants.
Les faits marquants

Début 2005 : le moteur de recherche annonce un bénéfice net multiplié par sept , s'établissant à 204,1 millions de dollars, et enchaîne sur le lancement de Google Maps qui, de simple gadget, devient une incroyable source de revenus potentiels pour le moteur. A cette époque, Google est perçu par beaucoup comme La société innovante de la Silicon Valley.

Avril 2005 : huit internautes français sur dix utilisent Google pour effectuer leurs recherches, qui lance le mois suivant la page d'accueil personnalisable en association avec sa messagerie, Gmail.

Fin mai , c'est le lancement du controversé projet Google Print ( voir le dossier ) par le moteur, auquel ses principaux concurrents, Microsoft et Yahoo!, finiront par emboîter le pas. Objectif ? "organiser l'information mondiale en numérisant et en mett ant en ligne les livres de quatre grandes bibliothèques anglo-saxonnes... et plus si affinités. Puis viennent les rumeurs concernant l'élaboration d'un moyen de paiement made in Google , le lancement de Google Earth puis de Google Talk , sa messagerie instantanée avec voix sur IP (uniquement de PC à PC).

Point d'orgue d'un été Google , le moteur de recherche lève quatre milliards de dollars en bourse un an après son introduction au Nasdaq, le 19 août. Enfin, dernier né d'une longue série de projets, Google Base , gigantesque base de données gratuite ouverte à tous, voit le jour en novembre.

Une stratégie payante : la publicité

Plus de 95 % des revenus de Google émanent des publicités dont il orne les pages de ses différents services, à commencer par son moteur de recherche utilisé par 40 % des internautes dans le monde. Il a d'ailleurs fait de Google Maps et de Google Earth de puissants outils dans la course à la publicité contextuelle localisée.

AdWords, son programme d'affiliation publicitaire, se voit orné au fil de l'année d'une série d'outils : Google Analytics , pour analyser le trafic de son site Web, ou plus récemment, le Click to Call , qui permet d'entrer en relation téléphonique avec un annonceur aux frais du moteur de recherche.

En décembre, Google investit un milliard de dollars dans le géant America Online, dans le but d'entériner les partenariats publicitaires en cours depuis 2002 avec ce dernier, tout en s'assurant des possibilités d'ouverture vers de nouvelles formes d'annonces. Ce faisant, le moteur réussit à ouvrir Google Talk à AIM, l'une des messageries instantanées les plus utilisées dans le monde.

Et 2006 ? Ambitions et concurrences

D'un côté, nous avons une source de revenus unique , reposant sur un modèle publicitaire qui a certes fait ses preuves, mais peut se voir efficacement concurrencé par d'autres. Microsoft tout d'abord, qui focalise désormais sa politique de développement sur les services en ligne, poursuit Google sur tous les points et cherche à lui ravir ses marchés les plus rentables (AOL...). Ou Yahoo, qui mise sur le service en ligne et le développement d'applications fédératrices.

De l'autre, nous avons une soif d'innovation pour laquelle Google utilise - pour le moment avec parcimonie - ses quelque sept milliards de dollars de liquidités : ambitions dans le domaine de la fourniture d'accès à Internet ou dans celui de la messagerie instantanée...

Points forts en 2005 :

une capitalisation boursière florissante qui confère à Google une force de frappe de plus de sept milliards de dollars

un modèle économique fiable qui a fait ses preuves et un moteur de recherche qui draine à lui 40 % des requêtes dans le monde

un potentiel énorme au travers de certaines innovations comme Google Base ou les services recherche locale

une petite longueur d'avance vis-à-vis de ses deux concurrents, Yahoo! et Microsoft ?

Points faibles en 2005 :

un modèle qui dépend presque uniquement des revenus publicitaires

accélération de la stratégie Microsoft en 2006 qui mise désormais sur le service en ligne

risque d'image, encore faible : passer du gentil moteur de recherche au Big Brother de l'information en ligne

(Atelier groupe BNP Paribas - 21/12/05)