En modifiant la relation entre une enzyme et son enveloppe, un chercheur a trouvé le moyen de faire passer de une seconde à quelques heures sa capacité de stockage d’énergie.

Pour respecter l'environnement sans se passer d'énergie, il y a le solaire, l'éolien, l'hydraulique... Mais avez-vous pensé à la photosynthèse ? Ou, plus particulièrement, aux protéines que sont les centres réactifs photosynthétiques ? László Kálmán, professeur associé à l'Université Concordia au Canada, oui. Avec son équipe, il a trouvé le moyen d'augmenter la capacité de stockage d'énergie de cette enzyme bactérienne utilisant la photosynthèse. Permettant ainsi à celle-ci de garder l'énergie en elle pendant plus longtemps quelle ne le fait à l'état naturel. L’objectif ? La faire fonctionner comme une pile biologique. Car lorsqu'elle est exposée à la lumière, les charges se séparent de chaque côté de l'enzyme : la charge positive d'un côté, la négative de l'autre. Ce qui lui donne la possibilité de stocker pendant une seconde, au maximum, de l’énergie.

Disparité entre l'enzyme et son enveloppe

Après quelques légères modifications en laboratoire, l'énergie peut être conservée pendant quelques heures. Concrètement, l'enzyme dans son état initial est enveloppée dans une membrane qui lui permet de recombiner les charges. Néanmoins, l'ajout de molécules lipidiques à la membrane extérieure a pour effet de créer une disparité entre les formes des deux éléments, l'enzyme et la membrane. La différence de forme prolonge le travail de réadaptation de ces deux éléments entre eux, retardant ainsi la recombinaison des charges. Ce qui prolonge d’autant le potentiel électrique. Dès lors, le temps de stockage passe d'une seconde maximum à l'état naturel à plusieurs heures.

Des usages incertains

Même si le professeur László Kálmán a expliqué à L'Atelier qu'il ne s'agissait pas, pour lui, de développer un produit, il a toutefois ajouté que cette pile naturelle présentait plusieurs avantages. En premier lieu, l'utilisation de ressources propres, puisque carboneutres, mais également abondantes. Il envisage également des usages en milieu médical. En effet, les piles classiques utilisent des métaux toxiques. Grâce à la capacité de stockage de cette pile naturelle, le scientifique pense à l'utiliser pour alimenter un élément incorporé dans le corps d'une personne qui vient de subir une opération et dont il serait nécessaire de surveiller l'état pendant quelques heures. Reste que pour résoudre le problème du stockage d'énergie à grande échelle sur une longue période, d'autres travaux sont nécessaires. Pour utiliser la pile dans un stimulateur cardiaque, voire une télécommande.