Bien qu'il n'existe aucune statistique à ce jour, le commerce électronique est autant destructeur que créateur d'emplois. Encore modeste, l'emploi dans les secteurs des nouvelles technologies repré...

Bien qu'il n'existe aucune statistique à ce jour, le commerce électronique est autant destructeur que créateur d'emplois. Encore modeste, l'emploi dans les secteurs des nouvelles technologies représentait en 1996, 4 % de l'emploi privé, mais connait un rythme de croissance double de celui des autres secteurs. L'emploi dans ces secteurs, selon le bureau des statistiques du travail américain, devrait atteindre en 2006 près de de 5,5 millions de personnes, soit en dix ans une croissance de 22 %, double de la croissance moyenne de l'emploi. Internet aurait déjà créé, selon certaines estimations, près d'un million d'emplois directement ou indirectement aux Etats-Unis "une dynamique comparable quoiqu'à une échelle moindre est sans doute à l'oeuvre en France". Le cabinet Markess International a estimé qu'en France, 250 PME auraient déjà créées 12 000 emplois autour des technologies d'Internet pour un chiffre d'affaires d'au moins 8 milliards de F. Toutefois certains fonctions d'intermédiations devraient disparaître, comme le fait observer Francis Lorentz "une banque de données remplace facilement une agence bancaire ou une agence de voyage et elle est disponible 24 h/24", tout en affirmant que de nouveaux emplois vont se créer en contrepartie "le plus apporté au client sera fréquemment le petit plus humain". Ainsi, une banque sans guichet totalement virtuelle du groupe Berlusconi a reconverti en conseillers se rendant directement chez les clients ses 2000 employés. Tout en reconnaissant qu'il y aura vraisemblablement "des problèmes d'ajustements de qualification", Francis Lorentz estime "la déshumanisation crée le besoin de retrouver un lien d'assistance". En conclusion, Francis Lorentz indique "ceux qui crééront des emplois sont ceux qui seront les premiers sur ce marché. Sinon, d'autres structureront leur marché à leur profit. Dès lors, le risque de destruction de nos emplois sera grand". (La Tribune - 25/03/1998)