Il était temps que les législateurs américains prennent leurs dispositions pour lutter contre le spam. Mardi, le congrès américain a adopté un projet de loi destiné à réduire la diffusion des ...

Il était temps que les législateurs américains prennent leurs dispositions pour lutter contre le spam. Mardi, le congrès américain a adopté un projet de loi destiné à réduire la diffusion des courriels indésirables, dont la prolifération exaspère de plus en plus d’internautes américains. Le texte, qui devrait être signé par le président Georges Bush d’ici 2004, prévoit que les utilisateurs de messageries électroniques puissent réclamer leur retrait des listes de diffusion commerciales.

Selon un compte rendu de la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, les Etats-Unis seraient le pays le plus générateur de spams au monde. A titre de comparaison, quand les Etats-Unis génèrent 58,4 % des courriels non sollicités au monde, la Chine n’en produit que 5,6 %, le Royaume-Uni 5,2 %, et le Canada 4,1 %. Si les internautes des quatre coins du monde peuvent être victimes de spam, ce sont tout de même majoritairement les consommateurs américains qui sont visés.

Deux raisons à cela : les Etats-Unis sont la place de marché la plus importante au monde, et ses habitants sont donc nécessairement des cibles idéales. D’autre part, la proportion des ménages connectés à Internet est la plus élevée, dépassant de loin les autres pays industrialisés : à la fin de l’année 2003, 66 % des ménages américains auront un accès, contre 42 % des ménages des pays d’Europe de l’ouest. Même delta du point de vue du commerce en ligne : son marché devrait rapporter 19,4 milliards d’euros en 2003, contre 51,7 milliards de dollars aux Etats-Unis.

Les actions législatives américaines contre le spam ne sont pas seulement motivées par l’exaspération des internautes ; le coût induit par le spam du côté des entreprises représente 20,5 milliards de dollars, mondialement. 44 % de cette somme correspondraient aux dysfonctionnements informatiques (bande passante gâchée, ralentissement du trafic, interruptions du service informatique), 39 % à la baisse de productivité des utilisateurs dans les entreprises, et 17 % à l’assistance technique.

A l’approche des fêtes de fin d’année, certains analystes prédisent que les opérations de spamming se déchaînent, et que le volume global des spams aux Etats-Unis augmente de 64 %.

( Atelier groupe BNP Paribas – 26/11/2003)