Un ouragan qui déferle et Internet entre en transe. Dans son sillage, Katrina a drainé quelques usages numériques innovants. Quand les médias traditionnels et les institutions...

Un ouragan qui déferle et Internet entre en transe. Dans son sillage, Katrina a drainé quelques usages numériques innovants.

Quand les médias traditionnels et les institutions sont dépassés, des particuliers prennent le relais et font parfois preuve d'un sens civique étonnant, comme en témoigne le site Scipionus.com, lancé par un jeune homme de 24 ans, Jonathan Mendez.

En quelques heures, Mendez et son ami Greg Stoll ont créé à partir de la technologie Google Maps un espace collaboratif de type wiki, qui permet aux internautes des régions sinistrées de donner des informations concernant un emplacement précis de la carte.
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Sur scipionus.com, les habitants de la Nouvelle Orléans
décrivent l'étendue des dégâts via Google Maps et Wiki
Cet espace collaboratif permet aux habitants de la région de rassurer leurs proches ou de décrire le désastre et la lente redescente des eaux. Les internautes ont adhéré en masse à cette initiative largement relayée par les médias.

Citons également le site missingkids.com, qui a publié dans les jours qui ont suivi le passage de Katrina l es photos des enfants séparés de leurs parents. Ces instigateurs ont eu le plaisir de voir leurs efforts récompensés : certaines photos d'enfants sont maintenant accompagnées de la mention "résolu".

Autre utilisation du service de cartographie de Google : le suivi de la progression en temps réel de l'ouragan Rita. En combinant les données fournies par les services météorologiques aux données géographiquesde Google Maps, le site flhurricane.com a permis au monde entier de visualiser, heure par heure, l'évolution de Rita. Chaque point de couleur sur la carte comporte des informations sur l'état du cyclone à cet instant précis : force et orientation du vent ou pression atmosphérique.
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Suivre Rita en temps réel sur Google Maps,
c'est possible.

Internet est devenu pendant quelques jours la source d'information privilégiée de tous ceux qui, dans le monde, ont voulu avoir une vision détaillée de la situation en Floride. Suite à la rupture de la plupart des infrastructures de communication, seuls les blogs et la Toile ont été capables de relayer les informations.

Des milliers d'internautes américains se sont mis à chasser photos, vidéos et témoignages de la catastrophe. Les sites comme Flickr, qui permet à tout un chacun de mettre en ligne ses photos, ont littéralement été pris d'assaut. Les médias traditionnels, qui ne disposaient plus des infrastructures nécessaires pour la couverture des événements, se sont rabattus sur Internet et les contributions des amateurs .

Le passage de Katrina a évidemment enflammé la blogosphère qui est devenue, pendant quelques jours, la seule vraie source d'information sur la catastrophe. Le moteur Technorati, dédié à la recherche sur les blogs, recense 470715 billets comportant le mot "hurricane" (ouragan), 399 528 sur lesquels figure "Katrina" et 135 972 pour une recherche sur "Rita". Ces termes ont occupé le top 10 des recherches les plus fréquemment effectuées pendant plus de sept semaines.

La solidarité de tout un peuple s'est massivement exprimée sur la Toile. Même si bon nombre de personnes peu scrupuleuses ont utilisé cet élan pour des actions malhonnêtes, les dons et les initiatives de soutien se sont multipliées sur la Toile, rappelant le vaste mouvement de soutien aux victimes du tsunami qui avait frappé l'Asie le 26 décembre dernier.

Comme toujours, le pire et le meilleur se côtoient de près sur Internet, particulièrement dans les moments difficiles...

Alexandre Laurent, pour l'Atelier

(Atelier groupe BNP Paribas- 30/09/2005)