De plus en plus de voix émanant des directions d'entreprises américaines tentent de faire entendre que les Etats-Unis manquent de cerveaux : médecins, physiciens, programmeurs informatiques,...

De plus en plus de voix émanant des directions d’entreprises américaines tentent de faire entendre que les Etats-Unis manquent de cerveaux : médecins, physiciens, programmeurs informatiques, designers de jeux vidéo, professeurs de sciences ou de langues étrangères, etc. Un manque à gagner pour les sociétés informatiques, les laboratoires de recherche, les hôpitaux et le secteur de l’éducation.

Selon nombre de dirigeants d’entreprises et d’analystes, c’est la politique américaine d’attribution des visas, et plus particulièrement le programme H-1B qui sont en cause. L’objectif de ce dernier, initié en 1952, est de délivrer des visas aux étrangers qui se font employer par des entreprises américaines. L’an dernier, son quota de visas a été restreint en raison de la morosité du marché de l’emploi dans les secteurs technologique et scientifique.

A l’heure où l’économie montre des signes de meilleure santé, les entreprises font leur possible pour employer des professionnels étrangers avant que l’allocation annuelle de visas H-1B ait atteint son quota. Un quota visiblement beaucoup trop faible en 2004 (fixé à 65.000 visas en 2004, contre 195.000 en 2003), puisqu’il devrait être très prochainement atteint. Il faudra alors attendre le 1er octobre 2004, début de la prochaine année fiscale, pour pouvoir de nouveau employer des ressortissants étrangers qualifiés.

Les analystes brandissent déjà la menace d’une pénurie de professionnels qualifiés des secteurs scientifique et technologique sur la compétitivité globale des Etats-Unis. Une perspective que l’administration américaine n’écoute pas vraiment, à l’heure où des critiques lui sont adressées concernant l’externalisation de nombreux emplois américains vers des pays comme la Chine ou l’Inde.

Les embauches permises par le programme H-1B ne sont pas épargnées par ces critiques, qui reprochent aux entreprises du secteur technologique de préférer des professionnels étrangers à des citoyens américains, sur la base de leur moindre coût.

Réponse des entreprises montrées du doigt : 54 % des diplômés d’un niveau doctoral (PhD) sur le sol américain sont originaires d’un pays étranger. Autre chiffre : seuls 5 % de la population américaine globale atteint ce niveau d’études ; une proportion qui passe à près de 50 % dans le cas des professionnels employés grâce au programme H-1B.

(Atelier groupe BNP Paribas – 16/02/2004)