désespérément des cerveaux. Des centaines d'entreprises de technologie de pointe employant aujourd'hui près de 85 000 personnes se sont installées depuis vingt ans dans la ville d'Austin au Texas. A...

désespérément des cerveaux. Des centaines d'entreprises de technologie de pointe employant aujourd'hui près de 85 000 personnes se sont installées depuis vingt ans dans la ville d'Austin au Texas. Austin est ainsi devenue un des plus grands centres technologiques des Etats-Unis. Malheureusement, aujourd'hui une pénurie de main d'oeuvre qualifiée ralentit la croissance des entreprises de la région. Comme le déplore Glenn West, président de la chambre de commerce d'Austin "c'est un gros problème" "plusieurs sociétés m'ont affirmé que leur production progresserait de plusieurs millions ou dizaines de millions de dollars supplémentaires par an si elles disposaient du personnel adéquat". Le problème d'Austin, identique à toutes les technopoles américaines, est un problème national. Une enquête citée dans un rapport publié la semaine dernière par le Ministère du Commerce indique que faute de candidats qualifiés, l'industrie américaine de la technologie de l'information compte 190 000 postes vacants. Près de la moitié des PDG de la higt-tech se plaignent d'une pénurie d'experts en technologie de l'information. Les responsables de Compaq à Houston, tout en affirmant en public qu'elle parvient à recruter tout le personnel dont elle a besoin, déclarent en privé manquer de plusieurs milliers de techniciens. Non seulement les entreprises doivent trouver la main d'oeuvre nécessaire à leur expansion, très souvent rapide, mais elles doivent aussi remplacer les cerveaux débauchés par la concurrence. Le problème n'ira qu'en s'aggravant selon le rapport du Ministère. De 1994 à 2005, la technologie de l'information aura besoin d'un million de techniciens supplémentaires, soit 95 000 par an, alors que la formation annuelle de diplômés en informatique n'atteint pas la moitié de ce chiffre. Le nombre de nouveaux dîplomés en informatique ne cesse de diminuer passant de 50 000 en 1986 à 36 000 (dont 18 % d'étrangers) en 1994, alors que l'informatique ne cesse elle de se développer. Durant les dix dernières années, le nombre de nouveaux licenciés a chuté de 40 %, compensé toutefois depuis 1990 par un nombre croissant de maitres et doctorats. Cependant, comme plus de 50 % des docteurs en informatique formés par les universités américaines sont d'origine étrangère, il sont susceptibles d'exercer leurs talents ailleurs qu'aux Etats-Unis.

Pour embaucher, les entreprises louent les services de chasseurs de têtes, passent au crible les petites annonces de l'Internet et ouvrent à nouveau des antennes sur les campus universitaires afin de recruter les étudiants avant même qu'ils ne soient diplômés. Bien que faisant miroiter un grand nombre d'avantages, les efforts de recrutement passent surtout par la hausse des rémunérations. En un an, le salaire moyen d'un analyste de systèmes a augmenté de 15 %, celui des architectes de logiciels et de systèmes d'exploitation de près de 20 %, sans compter les généreuses distributions d'actions et les programmes d'intéressement aux bénéfices. Certaines sociétés comme GE Medical Systems n'hésitent pas à distribuer des téléviseurs et des tickets d'avion aux employés qui rabattent des techniciens vers la société. Les candidats se sachant très demandés se montrent gourmands, demandant des salaires élevés, tout un éventail d'avantages et d'importantes primes à l'embauche. (La Tribune - 08/10/1997)