Beaucoup moins connu que Bill (Gates bien sûr) ou Andy (Grove), Eckard Pfeiffer, le président de Compaq est né en 1944 en Allemagne de l'Est. Comme le fait observer un cadre de l'entreprise "son pas...

Beaucoup moins connu que Bill (Gates bien sûr) ou Andy (Grove), Eckard Pfeiffer, le président de Compaq est né en 1944 en Allemagne de l'Est. Comme le fait observer un cadre de l'entreprise "son passage à l'Ouest, sur lequel il est très discret, lui a donné une philosophie de "struggle for life" (lutte pour la survie)". Ce que cet homme préfère c'est frapper fort "au golf il tape dans la balle, au tennis, c'est un cogneur, au volant, il pousse sa Porshe au maximum", le tout sans jamais perdre son calme. Compaq est devenu sous sa direction en six ans le numéro un mondial des PC. Après être entré en 1963 chez Texas Instruments, il intègre Compaq comme directeur en Europe en 1983. Il ouvre tout d'abord la filiale allemande, puis les filiales britannique et enfin française. Alors que le président fondateur, Rod Canion, n'a pas vu arriver la crise, lorsque celle-ci éclate, l'Europe pèse un poids supérieur aux Etats-Unis dans le chiffre d'affaires de l'entreprise. Au siège de la firme, au Texas, on l'appelle alors au secours. Fin octobre 1991, il est nommé COO (chief opérationnel officer) auprès de Rod Canion. Lors de son premier conseil d'administration, il n'a qu'un seul discours, il faut matraquer les concurrents en se lançant dans une guerre des prix. Pour cela, il faut réduire les coûts, solution totalement opposée à celle prônée par le fondateur. Quelques minutes suffisent alors au conseil pour débarquer Rod Canion et nommer Pfeiffer à sa place. Lorsque l'on demande à Bernard Maniglier, à la tête de Compaq France, quelle sera la prochaine étape, après le rachat de Digital, celui-ci répond "Aujourd'hui, Eckard a prouvé ses qualités exceptionnelles. Il a l'argent, un peu la gloire ..... mais Eckhard c'est toujours plus !". De son côté, alors que Compaq a vu ses ventes en volume progresser de 56 % et son chiffre d'affaires de 54 % au troisième trimestre 1997, Eckard Pfeiffer n'a pas l'intention de lever le pied "c'est quand les choses vont bien que les risques sont les plus grands". (La Tribune - 03/02 - Enjeux Les Echos - février 1998)