Tout commence en 1995 lorsque Mark Thomas, au hasard de ses promenades au cœur de Manhattan, décide de noter dans un petit cahier à spirale les numéros de téléphones des cabines téléphoniques...

Tout commence en 1995 lorsque Mark Thomas, au hasard de ses promenades au cœur de Manhattan, décide de noter dans un petit cahier à spirale les numéros de téléphones des cabines téléphoniques qu’il croise. Pourquoi pas… Il les intègre ensuite sur son site web personnel, dans l’espoir que les internautes qui visitent son site aient envie de composer l’un de ces numéros de téléphone. Mark Thomas justifie sa démarche en expliquant qu’il trouve très poétique l’idée que les gens puissent entrer en contact avec des étrangers qui répondent instinctivement au téléphone public qui se met à sonner à côté d’eux. Avec le temps, l’activité de Mark Thomas a progressivement dépassé l’enceinte de Manhattan : aujourd’hui il est possible de trouver sur son site le numéro d’une cabine qui se trouve près du Vatican ou au sommet de la Tour Eiffel… et dans 450.000 autres endroits dans le monde. Aujourd’hui, le site de Mark Thomas reçoit la visite de 45.000 internautes chaque mois (www.payphone-project.com). Une grande popularité, qui l’a même surpris le jour où lui-même s’est trouvé à proximité d’une cabine qui a sonné… au bout du fil, un aficionado qui avait trouvé ce numéro de téléphone sur son site ! Selon Mark Thomas, l’ouverture de son site a réjoui un nombre considérable d’individus passionnés par les communications téléphoniques adressées à des inconnus qui marchent dans une rue. Pour augmenter sa liste de numéros, Mark Thomas aurait souhaité bénéficier du concours des opérateurs qui sont responsables des cabines publiques. Leur réponse ? Aucune liste recensant les numéros des téléphones publics n’a jamais été publiée, et il n’y a pas de raison de le faire. Pour Mark Thomas, c’est tout le contraire, et il regrette la raréfaction des téléphones publics à mesure que le téléphone portable gagne du terrain. Interrogé par le New-York Times, il affirme aujourd’hui que les cabines publiques sont comme un lien essentiel entre la sphère publique et la sphère privée. « Leur disparition, c’est la fermeture des fenêtres sur les autres ». (Atelier groupe BNP Paribas - 14/05/2004)