Selon un récent rapport de la Commission européenne, les femmes ont dépassé les hommes ces trois dernières années en termes de croissance de leurs connexions à Internet...

Selon un récent rapport de la Commission européenne, les femmes ont dépassé les hommes ces trois dernières années en termes de croissance de leurs connexions à Internet. En 2001, selon Eurobarometer, 28,5 % des femmes de l'Europe des 15 avaient accès à Internet. En 2003, cette proportion est passée à 39,2 %.
Les seniors franchissent de plus en plus le pas...
Les personnes âgées de plus de 55 ans acquièrent elles aussi et de plus en plus des compétences informatiques. 11,5 % d'entre elles avaient accès au médium Internet en 2001 contre 16,9 % en 2003. Ces deux catégories de la population européenne semblent donc franchir la fracture numérique, en même temps que l'accès à Internet fait son chemin : en 2001, 34,3 % de la population européenne avait accès à Internet, contre 43,5 % aujourd'hui.
Les plus défavorisés restent en retrait du cyberespace...
Reste que cet essor du cyberespace n'a pas inclus toutes les populations de l'Union. Les plus défavorisées et les moins rémunérées demeurent à l'écart du monde numérique. Ainsi, 38 % des personnes qui n'ont pas accès à Internet l'expliquent parce qu'ils n'ont pas d'ordinateur chez eux. 16 % évoquent le prix trop élevé des connexions (cette proportion passe à 26 % lorsqu'on prend en compte les Etats de l'Europe des 25).
Entre 2001 et 2003, la fracture numérique s'est réduite entre les différentes CSP. Il reste que seuls 25,2 % des hommes/femmes au foyer ont accès à Internet. Les chômeurs y ont accès à 38,6 % et les ouvriers à 40,3 %. En revanche, les personnes occupant des postes à responsabilité ont accès à Internet à 80,6 % dans l'Europe des 15 en 2003.
Le rapport conclut que l'accès à Internet et les compétences informatiques peuvent aider les gens à éviter de tomber dans la pauvreté et même à s'en sortir. Sans compétences informatiques, les difficultés rencontrées par les pauvres et les chômeurs de longue durée s'exacerbent, ce qui produit une lignée d'exclus de l'informatique. Dans le prolongement de l'étude qu'elle a effectuée en 2001, le rapport de la Commission indique que la participation numérique et sociale apparaît clairement et "intimement liée dans une société qui devient de plus en plus technique."
Les différences entre l'Europe des 15 et les nouveaux Etats membres...
Parallèlement à cela, le rapport met en évidence les efforts que doit faire l'Europe pour intégrer les nouveaux Etats membres et éviter le piège d'une communauté bipolaire, avec d'un côté ceux qui prennent le train de l'informatique et, de l'autre, ceux qui restent sur le quai.
Dans l'Europe des 15, une moyenne de 43,5 % de la population utilisait Internet en 2003 ; cette proportion est tombée à 41,4 % lorsque l'Union est passée à 25 pays. 31 % des personnes sondées pour l'étude et originaires des nouveaux Etats membres utilisaient Internet in 2003.
Les Estoniens sont les plus en avance, avec un taux de pénétration de 44 %, comparable à la moyenne nationale européenne. Ils sont vite suivis par les Slovènes qui affichent un taux de pénétration de 41 %. Les pays les moins connectés sont aussi les pays qui sont candidats à l'entrée dans l'espace communautaire : la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Si 75 % des internautes de l'Europe des 15 ont accès à Internet depuis leur domicile, ils ne sont que 47 %, dans les nouveaux pays membres, à jouir d'un tel accès.