Anne Kappelhoff-Lançon, analyste à l’Atelier BNP Paribas, est l’auteur de l’étude sur les nouveaux moyens de paiements qui présente le panorama des solutions existantes ainsi que les stratégies gagnantes

Quelle est votre conception du marché des paiements électroniques ? Le paiement, plus qu’une technologie, est avant tout un service. Avec les paiements en ligne, la technologie focalise trop souvent l’attention. D’autres éléments concourent à l’élaboration d’un moyen de paiement. Parmi celles-ci, citons notamment la confiance, la facilité et le coût d’utilisation. Beaucoup de conditions qui ne découragent pas le marché puisque de nouveaux procédés apparaissent régulièrement. Mais aux côté de l’espèce, du chèque, de la carte à puce et du virement bancaire, il n’y aura certainement pas la place pour tous. D’ailleurs le consommateur, qui au final plébiscitera le standard, n’adhèrera pas à plusieurs moyens différents. Quel élément vous a le plus surpris au cours de votre analyse ?Le taux d’équipement des européens en téléphonie mobile, plus important que celui de d’accès Internet à domicile, devrait largement contribuer au développement des paiements en ligne. Cette familiarité des européens avec leur téléphone cellulaire est un facteur potentiel d’explosion des m-paiements. Ainsi une solution comme celle de la société suédoise Mint semble particulièrement adaptée pour les services de proximité. Parallèlement, le mobile arrivera probablement vierge de toute suspicion relative à la sécurité, à la différence de l’Internet dont la réputation a été entachée aux yeux du grand public.Quels sont selon vous les facteurs de réussite de ces nouveaux moyens de paiements ?Les fournisseurs de ces e- paiements doivent, pour réussir, avoir une relation commerciale constante avec les utilisateurs. Les fournisseurs d’accès à l’Internet et les opérateurs de télécommunication, particulièrement ceux de mobiles, sont à ce titre les mieux placés. Côté utilisateur, l’élément clef demeure la confiance, que seules les banques peuvent apporter. C’est l’association des deux types d’acteurs qui pourra garantir le succès de ces nouveaux moyens de paiements. D’autant que la solution pourra alors bénéficier de la force de frappe des établissements financiers pour assurer sa promotion auprès des marchands comme des particuliers.Pensez-vous que l’arrivée du porte-monnaie électronique, prévue en fin d’année, constituera un pas supplémentaire vers la dématérialisation de la monnaie ?Stratégiquement, le porte-monnaie électronique aurait dû être commercialisé en janvier 2002 pour bénéficier du passage à l’Euro en facilitant la période d’adaptation. Par ailleurs, c’est un service payant qui s’ajoute à la carte bancaire, elle-même facturée. Au final, seul le client dira s’il trouve son intérêt à substituer ce nouveau mode de paiement à la monnaie sonnante et trébuchante dont il charge ses poches. Le réel levier de développement de ces nouveaux moyens de paiement réside dans les alliances d’acteurs, type GIE, dont les enjeux sont définis dans l’étude que l’Atelier BNP Paribas vient de publier.(propos suscités par David Marion)Pour aller plus loin :Contactez-nous pour acheter l’étude : ventes@atelier.fr