Le portrait robot du startupper français semble faire émerger un type précis d'entrepreneur : homme, jeune, diplômé et heureux de s'être lancé dans l'aventure entrepreneuriale.

Expérimenté et passionné, le startupper français est sûr de lui

Si les startuppers sont de plus en plus visibles et reconnus avec l'évolution du marché mondial, et notamment de par les récents succès de quelques géants de l'Internet comme Facebook ou Meetic en France, ceux-ci sont encore sociologiquement méconnus. De fait, historiquement le startupper pouvait aussi bien être un génie de 15 ans dans son garage qu’un ancien employé de 40 ans ayant quitté son emploi pour monter son entreprise. Pour mieux cerner les caractéristiques les plus partagées par les créateurs de startup, l'Atelier, en partenariat avec TNS Sofres, publie une étude s'attachant à mieux comprendre motivations et facteurs, âge ou études par exemple, qui peuvent faciliter l'apparition de nouvelles entreprises. Celui-ci se révèle ainsi expérimenté, mature et passionné dans son approche de la création.

Dessine moi un startupper

Au fil des quelques 200 interviews de startuppers effectuées par les sondeur de TNS Sofres, on voit émerger une image relativement précise du startupper standard. Ainsi, à 89%, ceux-ci sont des hommes, en moyenne âgés de 35 ans à la création de leur entreprise, insérés au sein d'un foyer familial stable, près de 80% d'entre eux étant mariés et 61% ayant des enfants. En dehors de la maturité, c'est aussi un haut niveau d'étude qui apparaît, puisque 93% d'entre ont fait des études supérieures, avec une légère majorité pour les études universitaires. "Posséder un diplôme supérieur permet aux startuppers aussi bien de connaître mieux les mécanismes complexes de financement et de soutien mais aussi d'assurer une reconversion en cas d'hypothétique échec." explique Mathilde Cristiani, responsable média de l'Atelier. De même, le créateur d'entreprise connaît intimement le fonctionnement de l'appareil entrepreneurial, y ayant travaillé 11 ans en moyenne. Ainsi, malgré les difficultés aisément reconnues par les interrogés, que ce soit stress (52%), manque de temps pour les proches (41%) ou pour les loisirs (42%), le startupper type qui émerge de cette étude semble sûr et serein dans son approche. 92% d'entre eux estiment ainsi positive leur expérience, et pour 78%, la possibilité de recommencer l'aventure serait à saisir. "Pour ceux qui ont leur projet chevillé au corps, la liberté, l'indépendance et le rapport aux autres restent certainement des sources de satisfaction primordiales." rappelle Mathilde Cristiani.

Triple Personnalité

En plus de ces critères assez larges, les rédacteurs de l'étude ont vu apparaître auprès des créateurs interrogés plusieurs modèles type de personnalité. Ainsi, le “Nouveau Galilée”, qui représente 44% des interrogés, émergent ainsi comme les inventeurs, les créateurs particulièrement passionnés et tiraillés par une idée ancienne pour 95% d'entre eux. “Cette idée s’accompagne d’une volonté très forte de la réaliser et d’une conviction (quasi mystique) de son bien fondé.” précise la responsable média de l’Atelier. Ils cherchent à créer un marché et s'y imposer, en France comme ailleurs. A contrario, le “Conquérant Ambitieux” cherche à se rapprocher de la "success story" à l'américaine, n'hésitant pas à monter une entreprise dès que l'idée se fait jour. Ces créateurs s'avèrent aussi plus expérimentés, 25% ayant plus de 50 ans, plus strictement entrepreneurs dans leur approche. Quant au dernier modèle, les “Bâtisseurs”, leur approche est une approche pragmatique, sans forcément d'idée particulièrement novatrice derrière, il s'agit avant tout de créer sa société tout en poursuivant d'abord la stabilité.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste