Dans la lignée des objets connectés, l'anneau EyeRing étend la logique de reconnaissance visuelle d'informations multi-supports.

Eyering permet la reconnaissance visuelle à partir du bout du doigt

Le développement du smartphone, puis des tablettes semble l'avoir bien démontré, la tendance de l'évolution informatique tient à deux points : mobilité et intuitivité. Il ne s'agit plus seulement d'offrir des outils de travail performants mais bien plutôt d'une expérience. Mais si le tactile est devenu presque systématique, le potentiel d'utilisation des doigts dans l'informatique, principal médium d'interaction humain semble encore sous-utilisé. Une équipe de chercheurs de l'Université de Technologie et de Design de Singapour et du MIT Media Lab de Cambridge est donc partie du constat que le geste de pointer du doigt est, avant le langage, la première méthode de communication entre individus et a développé une bague intelligente. Celle-ci, équipée d'une caméra infrarouge, permet aux personnes souffrant de troubles de la vision ou atteints de cécité d'interagir avec leur environnement.

EyeRing

L’équipe de chercheurs a cherché à développer une bague permettant aux personnes souffrant de troubles de la vision de pointer vers un objet et d'en recevoir un descriptif audio. Cette bague, dénommée EyeRing, est ainsi composée d'une caméra infrarouge, d'une connexion sans fil et d'un système de reconnaissance vocale. Directement reliée à une application exploitée sur un smartphone, la caméra reconnaît, via une base de données d'image, les objets alentours et peut en informer l'utilisateur. Il peut aussi bien s'agir de nommer l'objet en réponse à une question posée à haute voix par l'utilisateur, tout comme, par exemple, de reconnaître et de prévenir l'utilisateur de la présence d'un obstacle ou de signifier un but recherché, une adresse par exemple. De plus, la base de données d'images utilisée pour la reconnaissance est évolutive et utilise aussi bien les images et photographies présentes sur Internet que les images précédemment enregistrées par la caméra. Il s'agit ainsi d'offrir à l'utilisateur une reconnaissance objective des objets génériques et d'intégrer une personnalisation. Le système serait alors à même de différencier un objet appartenant à l'utilisateur et un objet public par exemple.

Enrichir les supports d'information

Si le système EyeRing a été développé spécifiquement pour les aveugles et malvoyants, les bons résultats enregistrés dans son fonctionnement en appellent à une utilisation élargie. Au sein de l'écosystème d'objets connectés, on peut ainsi assez aisément imaginer qu'une telle bague, si du moins la taille en était quelque peu réduite, remplace en partie le smartphone dans la lecture d'informations multi-supports. Plutôt que de sortir son appareil mobile pour scanner un QR code, la bague EyeRing pourrait permettre une lecture des informations beaucoup plus fluide et intuitive. Dans le cas des documents, il serait ainsi rendu d'autant plus aisé d'intégrer des informations sans cesse plus riches et complexes. L'utilisateur pourrait de cette façon lire un document imprimé et approfondir des points spécifiques sans alourdir trop le contenu général. Les chercheurs semblent par ailleurs déjà y avoir pensé puisque ceux-ci ont intégré au sein de l'application un système permettant de projeter directement les images enregistrées sur un écran, mais aussi d'y projeter des contenus supplémentaires. En montrant du doigt un monument, l'application pourrait par exemple faire apparaître sur une tablette ou en version audio l'histoire et la signification du bâtiment.

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste