La start-up Habibi.works développe un Fablab en Grèce pour permettre aux réfugiés de mettre en oeuvre leurs idées et partager leurs compétences.

Un Fablab met en valeur le potentiel des réfugiés

Suite à la fermeture des frontières des pays européens et de l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie signé en mars 2016 visant à stopper le flux de réfugiés débarquant sur les îles grecques de la mer Egée, la Grèce est passée rapidement d’un pays de transit à une terre d’accueil. C’est ainsi que plus de 50 000 demandeurs d’asile (majoritairement Syriens, Irakiens et Afghans) sont répartis dans une trentaine de camps à travers le pays, bloqués pour une durée indéterminée. Outre la paupérisation et les tensions grandissantes au sein des camps, les réfugiés souffrent également du manque de stimulation intellectuelle et physique.

Le bâtiment qui accueille le fablab d'Habibi.works

C’est ainsi que des membres d’une ONG allemande présente sur le terrain, Soup & Socks, ont entrepris de créer Habibi.works : un Fablab interculturel destiné à rassembler au sein d’un même espace des réfugiés, des designers et des entrepreneurs internationaux. Equipé d’imprimantes 3D, de lasers, d’outils et de matériaux mis à disposition librement des utilisateurs, ce Fablab offre la possibilité aux réfugiés de mettre à profit leurs compétences pour développer des objets créatifs. Habibi.works pourrait même leur laisser entrevoir de nouvelles perspectives en les invitant à (re)devenir de véritables auto-entrepreneurs.

Pour l’heure, le développement du Fablab, dont le lancement est prévu pour la fin du mois, a été financé grâce à quelques dizaines de milliers d’euros et des donations matérielles. Designers et architectes volontaires, ainsi que réfugiés qualifiés aident la start-up à mettre le projet sur pied.

Rédigé par Pauline Canteneur