La débrouillardise se met au service des techniques les plus pointues. Des ingénieurs américains remettent au goût du jour des vieux langages informatiques pour fabriquer des structures nanométriques...

La débrouillardise se met au service des techniques les plus pointues.
Des ingénieurs américains remettent au goût du jour des vieux langages informatiques pour fabriquer des structures nanométriques.
 
Certains procédés industriels utilisés de longue date par les ingénieurs seraient fonctionnels à l'échelle nanométrique. C'est ce qui ressort d'expérimentations réalisées sur des nanostructures par des experts du département ingénierie de l'université américaine Duke. Ces derniers ont en effet réussi à concevoir des structures nanométriques en trois dimensions à l'aide d'un langage informatique destiné à guider des machines outils de type fraiseuses. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des processus d'industrialisation automatisés efficaces à l'échelle du nanomètre.
 
A la frontière de l'industrie et des nanosciences
 
"Ces outils basiques et dépourvus de contenu scientifique ont prouvé qu'il est possible d'appliquer des procédés d'ingénierie à répétition sur des matériaux à l'échelle nanométrique", signale Rob Clarck, professeur au département ingénierie des matériaux et mécanique de l'université américaine. L'application en question, traditionnellement utilisée pour des travaux d'usinage classiques, a donc été "détournée" par les ingénieurs chercheurs non seulement pour guider le microscope mais aussi pour visualiser les nanostructures en 3D...
 
Fabriquer l'infiniment petit
 
La construction de ces minuscules structures se fait avec le procédé de nanolithographie par anodisation. Cela consiste en la formation d'oxydes générés par le passage d'un courant électrique au sein de minuscules particules d'eau, le tout sur une surface métallique semi-conductrice. La principale avancée de cette expérience réside dans le fait qu'il serait possible de définir informatiquement différents types de formes avant de les créer automatiquement à l'échelle nanométrique. Les ingénieurs auraient ainsi pu créer différents carrés et même une étoile près de 80 000 fois plus fins qu'un cheveu humain. D'après les auteurs de l'expérimentation, cette technique suggère que les usines nanotechnologiques du futur pourraient ne pas être très différentes de celles d'aujourd'hui.      
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 02/08/2007)