L’université suédoise du Royal Institute of technology a voulu savoir comment Facebook s’est intégré dans la vie universitaire, pour le meilleur et pour le pire.

Facebook détériorerait-il la relation professeur-étudiant ?

À l’heure où Facebook dépasse le milliard d’utilisateurs, la question de son rôle dans la vie étudiante a intéressé les chercheurs du Royal Institute of Technology de Stockholm. Ils ont tenté de dresser un bilan de la collaboration entre le réseau social et les étudiants. L’enquête, ou plutôt les enquêtes compilées en un livre, expose un des problèmes majeurs qu’entraînent le réseau social : la confusion des genres. En d’autres termes, lorsque les professeurs s’investissent sur Facebook, il est difficile de déterminer leur statut. Une situation source de confusions.

Le réseau qui crée la confusion

Les auteurs de An Education in Facebook? pointent ainsi l’anecdote d’un professeur participant à un poisson d’avril. Ce dernier a fait croire aux étudiants sur un groupe Facebook que leur cursus serait annulé par l’université provoquant peurs et colères parmi les élèves. L’image du professeur en a donc pâti et, selon l’étude, sa figure d’autorité semble se fissurer. La conclusion est donc que loin d’être une aide à l’éducation, le réseau social semble ne pas contribuer aux besoins éducatifs. C’est la séparation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, entre la vie publique et la vie privée qui se délite suivant l’utilisation faite de Facebook. Au delà de cette problématique, les chercheurs, eux-mêmes en poste à l’université, tentent de proposer quelques solutions. Ne pas accepter de demande d’amitié de la part de ses élèves est au premier rang de celles-ci. Mais cela n’est qu’une solution parmi d’autres. “Les rôles sociaux sont devenus de plus en plus intriqués et la négociation entre le rôle professionnel d’enseignant et la rôle privé devient primordial” souligne Kate Orton-Johnson et Fredrick Hannell.

Une vieille collaboration

Pour rappel, les universités avaient été les premières à créer des sites web dans les années 1990. Elles ont été également les premières à investir Facebook, un outil créé initialement pour Harvard. Son but était alors loin d’être pédagogique mais les institutions ont voulu en faire un outil au service de l’apprentissage. À travers les MOOC (Massive open online courses) et les groupes d'entraide étudiants, Facebook s’est inscrit durablement dans la vie universitaire. D’où le besoin pour les auteurs de sensibiliser les étudiants. D’autant que nombreux sont les groupes d'entraide à être envahis par les publicités. Cela explique la récente et progressive désertion de Facebook de la part des étudiants. Peut-être sont-ils plus attirés par Twitter. Toujours est-il que, malgré ses défauts, le réseau au milliard d’utilisateurs réussi à créer une communauté et tend à casser les barrières entre les étudiants selon les chercheurs suédois. Une qualité qui transparaît également dans l’utilisation qu’en font les chômeurs.

 
Rédigé par Guillaume Scifo