Le pourcentage de bande passante dédié aux réseaux sociaux en entreprise ne cesse de croître. Mais si les collaborateurs en sont friands, c'est surtout dans le but de réaliser des pauses, qui ont tendance à les rendre ensuite plus productifs.

Facebook et productivité pas incompatibles pendant les heures de bureau

Une explosion. C’est ainsi que Palo Alto Networks qualifie la croissance des usages des médias sociaux en entreprises. D’après une étude publiée par le spécialiste de la sécurité des réseaux le 17 janvier, les employés ont été 300% plus nombreux en 2011 qu’en 2010 à utiliser activement, c’est-à-dire poster des contenus, utiliser des applications, les réseaux sociaux et les sites de partage. La seule utilisation de Twitter au bureau a crû de… 700% ! L’étude porte sur 1636 entreprises et organisations et a été réalisée entre avril et novembre 2011. Et les résultats sont sans appel. Sur le total de la bande passante occupée par les réseaux sociaux, Facebook, le téléchargement de plug-in et la publication de contenus prenait 25% en décembre 2011, contre seulement 5% en octobre 2010. Et dans 92% des entreprises étudiées, on utilise les sites de partage avec, en moyenne, treize sites différents utilisés sur l’ensemble des salariés dans chaque organisation.

Evacuer les tensions

Autrement dit, il n’est plus temps pour les entreprises, du moins pour celles qui douteraient encore, de savoir si ou non leurs employés vont sur ces sites mais de savoir comment faire avec cette réalité et garder le même niveau de productivité. Voire utiliser cette énergie et ce temps passé sur les médias sociaux pour améliorer la productivité.  D’ailleurs, la croissance de ces usages ne signifie pas forcément que ceux-ci prennent sur le temps de travail. « Beaucoup d’études tendent à montrer que lorsque les gens prennent leurs pauses, ils vont surfer, faire des jeux en ligne. Ils changent d’activité pour se vider la tête » note Catherine Lejealle, sociologue à l’ESG Management School. C’est aussi à cette occasion que s’évacuent les tensions, entre collègues par exemple. « Et pendant ce temps, la mémoire d’arrière plan continue de travailler, donc cela ne nuit pas à la productivité ». 

Un immense savoir-faire pour l’entreprise

Au contraire : après une pause « Facebook » ou « YouTube », l’employé se remet au travail l’esprit plus clair, y compris hors du bureau, puisque les outils de communication le permettent. Les gens savent désormais qu’ils pourront reprendre leur tâche presque à tout moment, sans avoir à attendre de revenir au bureau le lendemain. « C’est encore plus vrai en matière de recherche, estime Catherine Lejealle. On a besoin de ces sas pour la réflexion. Ces pauses sont même l’occasion d’échanges informels, où l’on s’envoie des idées, des données. » La sociologue va même plus loi : Facebook, Twitter et les autres médias de ce type ont en quelque sorte formé les gens à une culture de la réactivité et de la production de contenu. « Il y a là un immense savoir-faire qui peut être apporté à l’entreprise via les usages privés. »