Entretien avec Virginie Fauvel, Head of E-Business chez BNP Paribas. L'intrapreneuriat consiste en la création d'organisations par des collaborateurs, qui restent internes à l'entreprise ou sont établies sous forme de spin-off. Un moyen de bénéficier de plus d'autonomie et de responsabilités.

[Femme Digitale] "L'intrapreneuriat permet de s'affirmer !"

 

Virginie Fauvel, Head of E-Business chez BNP Paribas - dont L'Atelier est une filiale - intervenait aujourd'hui à la Journée de la Femme Digitale, sur le sujet : "Dix conseils pour être un intrapreneur heureux".

L'Atelier : L'intrapreneuriat est-il aujourd'hui facilité au sein des entreprises ? Est-il aussi aisé de se lancer dans ce type d'initiatives, que l'on soit un homme ou une femme ?

Virginie Fauvel : C'est vrai qu'il est encore parfois compliqué de mener une initiative liée à l'intrapreneuriat. En effet, certaines difficultés peuvent émerger lorsque l'intrapreneur agit à l'intérieur d'une compagnie relativement hiérarchisée. Plus le nombre d'employés est important, et plus l'entreprise est installée, plus les processus internes peuvent être complexes a faire évoluer.



Je ne considère pas qu'il y ait des différences entre hommes et femmes chez les intrapreneurs, mais il est vrai que certains préjugés ont la vie dure. Le regard et la perception extérieure des personnes que nous sommes amenées à rencontrer, avec lesquelles nous allons collaborer, sont encore stéréotypés. Si je me réfère à mon expérience personnelle, je suis ingénieur, je peux indiquer que parfois on posera plus aisément une question sur l'aspect technique ou technologique à un homme, et plus facilement une question liée à une interrogation marketing à une femme que l'on imaginera moins ingénieur.

L'intrapreneuriat peut-il être considéré comme un moteur d'émancipation, de reconnaissance pour les salariées ?

Tout à fait. L'intrapreneuriat est une manière de s'affirmer, à l'instar d'autres. Il offre l'avantage au salarié de bénéficier de davantage d'autonomie, de plus de responsabilités. Il confère une certaine liberté, permet des espaces de travail dans lesquels la collaboration est mise en avant. Et cela est un atout majeur pour ce type d'activité.

Le numérique offre également une réponse aux femmes, il s'agit d'un moyen idéal pour elles de s'épanouir professionnellement. Les femmes trouvent dans le numérique, me semble-t-il, une facilité d'expression qu'elles n'ont pas toujours dans les voies de communication traditionnelles.

De fait, quel rôle occupe le numérique dans cette émancipation ? 

Le numérique modifie le rapport entre les collaborateurs dans le cadre de leur travail. Cela se constate d'autant plus dans l'intrapreneuriat, où beaucoup s'essayent à un résultat qui concerne l'informatique, le design ou encore la communication. L'interactivité entre les personnes est du coup plus directe et les travaux tournés vers un résultat concret et à court terme. Quand cette interactivité est réalisée par le biais d'outils numériques, le fait d'être une femme ou un homme passe également au second plan. Ce qui importe davantage est l'objectif, la nécessité d'un résultat, plus que le genre d'un collaborateur. Les frontières entre les périmètres sont aussi plus floues, ce qui rend moins efficace les approches territoriales.