Deux chercheuses du MIT ont élaboré un modèle permettant de fluidifier le trafic et à terme, de voir les congestions routières et les émissions de gaz à effet de serre inutiles disparaître.

Des feux plus intelligents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

Être bloqué dans la circulation représente non seulement une expérience frustrante pour les automobilistes mais contribue également à augmenter le volume d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Pour faire face à ce double problème, deux chercheuses du MIT ont mis au point un algorithme qui permet de contrôler intelligemment les systèmes de feux d’une ville. Pour ce faire, le logiciel effectue des simulations en direct des différentes situations, en prenant en compte un panel de paramètres : comportement du conducteur, type de véhicule, complexité des intersections… Avec comme but ultime de contrôler et synchroniser intelligemment - en fonction du trafic - les différents feux tricolores à toutes les différentes intersections sans exception.

Une solution complexe, avec pour objectif d’optimiser le temps de voyage entre les principales artères, et par conséquent de réduire la consommation de carburant. Deux choses que les modèles actuels d’aménagement urbain ne permettaient pas jusqu’à présent. En effet, si des feux de signalisation intelligents existent depuis un certain temps, ceux-ci ne sont pas assez sophistiqués pour pouvoir prendre en compte toutes les interactions complexes qui composent la circulation routière comme le type de voiture ou le comportement du conducteur. De plus, ceux-ci sont incapables de prédire en quoi les légers changements dans le flot de trafic quotidien peuvent affecter l’importance des émissions de gaz à effet de serre (comme variation des modèles de voiture, de leur taille, de leur consommation…) contrairement à la nouvelle méthode.

Vers une dispariton totale des "bouchons" dans la circulation routière ?

Afin d’élaborer ce modèle d’aménagement urbain 2.0, les chercheuses se sont basées sur des tests dans la ville de Lausanne en Suisse. Une simulation qui permettait aux chercheuses d’avoir une représentation du comportement de 12,000 véhicules par jour répartis sur les 17 principales artères de la ville. Leur modèle a été de capable de repousser les limites des anciens modèles et de réaliser l’irréalisable pour les modèles déjà établis. Et ce grâce à leurs méthodes, qui ont délibérément réduit la quantité de détails nécessaire, tout en en conservant suffisamment pour effectuer des prédictions et des recommandations concrètes. Une méthode bel et bien basée sur l’analyse du data, des données complexes et détaillées, produites à un instant T. A long terme, le logiciel pourrait faire bien plus que permettre de fluidifier le trafic en adaptant les feux tricolores à l’état de la circulation. Le système pourrait permettre d’aider à trouver les localisations idéales pour installer des parkings mais aussi des pistes cyclables. A terme, ce logiciel « computer-friendly » permettra aux agences d’aménagement urbain de fabriquer des plans urbains qui produiront à eux seuls une meilleure fluidité du trafic, et qui placeront les facteurs environnementaux au cœur de leur fonctionnement.

Rédigé par Anthéa Delpuech