Les acteurs sont nombreux à évoluer dans l'écosystème, mais manquent parfois de coordination. Plus de flexibilité serait aussi souhaitable, de la part des investisseurs comme des entrepreneurs.

Pour financer l'innovation, il faut simplifier et accélérer les étapes

 

Entretien avec Xavier Lazarus, partner chez Elaia Partner.

Quelles sont les raisons qui font qu'il reste difficile en France pour une jeune pousse de trouver les premiers fonds ?

Cela reste dur pour les jeunes entrepreneurs dont c'est la première société. Pour l'entrepreneur en série, il a souvent un tour d'avance. Il est fréquent qu'il travaille avec ses anciens investisseurs. Et il profite de sa réputation. La situation est différente pour celui qui arrive dans l'écosystème. Notamment parce que la qualité de l'entrepreneur est dure à prouver.

Un parcours qui reste différent de ce qui se passe aux Etats-Unis...

Outre-Atlantique, quand une entreprise va bien, elle reçoit facilement beaucoup d'argent. Mais dès qu'elle va mal, les financements s'arrêtent direct. Le système américain est plus valorisant pour les bonnes entreprises. Alors que le système européen offre plus de sécurité et permet à des entreprises moyennes de résister plus longtemps. Inversement, quand tout se passe bien, l'Europe n'a pas encore véritablement une capacité de croissance rapide et fulgurante.

Quel est le parcours financier d'un entrepreneur qui commence ?

Il est de plus en plus fréquent que ces jeunes regardent au début s'ils peuvent lever de la love money auprès de leurs proches. Puis ils se rendent dans un maximum d'endroits où ils peuvent rencontrer des Business Angel. C'est après que cela se complique quelque peu. Le Fonds national d'amorçage et les initiatives privées devraient faire que cette étape sera mieux couverte.

Même une fois qu'elle a été franchie, avoir reçu un financement d'un VC en amorçage ne veut pas dire que la situation est assurée. Il peut arrêter d'injecter des fonds si le premier essai n'est pas concluant. Le parcours s'arrête quand l'équilibre financier est atteint. Il ne faut cependant pas trop simplifier ces étapes et l'accès aux fonds, ce ne serait pas rendre service au secteur.Un projet a besoin de mûrir et de se confronter au marché.  

Qu'est-ce qu'il faut simplifier alors ?

Les rapports entre les parties. De notre côté, nous allons nous concentrer prochainement sur l'amorçage, et proposer des modèles de partage de la valeur créée assez fermes. Nous ne ferons pas de sur mesure. Nous estimons qu'un fonds d'amorçage doit agir vite, et prendre plus de risques. Mais inversement il faut que les entrepreneurs rentrent dans ce standard de conditions de marché. Il faut simplifier et accélérer. Tout le monde doit s'adapter, et évoluer.

Qu'entendez-vous par évolution ?

Elle consiste en la capacité à travailler de façon compatible entre les différents acteurs, qu'il s'agisse des investisseurs de tout bord et des entrepreneurs. C'est l'antagonisme qui tue les sociétés. Parfois, on rajoute une telle complexité que cela ne fait que provoquer une cacophonie. Les gens doivent plus se connaître. Côté entrepreneurs, il est nécessaire qu'ils voient plus souvent plus d'investisseurs, même s'ils n'ont rien à leur proposer. Simplement pour comprendre comment l'écosystème fonctionne, comment adapter leur produit et certaines contraintes.

 

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media