Le pays a mis en place une réglementation qui permet aux citoyens de suggérer des lois, qui seront votées s'ils rassemblent 50 000 signatures. Une plateforme de crowdsourcing a du coup été lancée, pour faciliter les initiatives.

En Finlande, les lois aussi peuvent être crowdsourcées

Depuis le 1er mars, la constitution finlandaise a intégré une clause permettant à tout citoyen majeur de soumettre au Parlement des propositions de lois ou d'amendements. Si l'une de ces propositions est soutenue par 50 000 signatures, elle devra être soumise au vote des parlementaires. Pour faciliter l'engagement des citoyens et leur accès aux propositions, une organisation non gouvernementale a du coup mis au point Open Ministry. Menée par Joonas Pekkanen, la plateforme fait appel notamment à des avocats, et permet aux individus de mieux formaliser leurs suggestions et de rassembler plus aisément autour. Une initiative de crowdsourcing sur la gouvernance de son pays, finalement.

Une existence validée

Et bonne nouvelle : il y a quelques jours, le gouvernement a approuvé et validé la technologie d'authentification électronique utilisée par le site. Une validation qui assure que les données privées des citoyens sont correctement préservées. Et qui permet de valider le fait que le gouvernement prendra en compte les propositions émises par des individus en provenance d'Open Ministry. Cette solution consiste en fait en l'utilisation d'API mises à disposition par les banques et les opérateurs, et qui impose aux internautes de s'identifier en utilisant leurs codes de client d'une banque, ou leur téléphone mobile. Ainsi, ils ne transmettent que les données nécessaires qui justifient leur légitimité pour cet acte.

Passer par sa banque

Dans le détail, la plateforme open source propose aux citoyens de soumettre des idées. Celles-ci peuvent être commentées, affinées, améliorées, par l'organisation, les avocats avec qui elle collabore, et les membres. Toutes les propositions ne sont pas acceptées. Celles qui le sont ensuite mises en forme par les avocats. Pour communiquer, la plateforme essaie également d'être la plus présente possible sur les réseaux sociaux. Open Ministry a ouvert officiellement ses portes le 1er Octobre 2012 et compte déjà quelques projets de loi variés comme l’interdiction d’élevage pour la fourrure (43 500 signatures) ou encore l’interdiction des boissons énergisantes pour les moins de 16 ans.

Rédigé par Damien Bréteau
Journaliste