La fintech HPS, un acteur important du marché de la monétique, pourrait être au cœur du développement de Smart Cities au Maroc.

Dans le domaine des fintechs, le Maroc peut se targuer de compter dans son écosystème d’innovation un champion à l'international, dans le domaine des solutions de paiement électroniques.

L’aventure commence en 1995 lorsque Mohamed Horani et quelques partenaires décident de lancer cette startup et attaquer le marché mondial de la monétique, un marché de niche où les principaux acteurs en place sont essentiellement américains, russes ou finlandais. L’ambition stratégique de la startup est claire : développer une solution technologique disruptive par rapport aux concurrents et attaquer le marché international. C’est ainsi que naît PowerCard.

Le cabinet américain Gartner, dans son étude annuelle « MarketScope for Multiregional Card Management Software », positionne d’ailleurs le groupe HPS (Hightech Payment Systems) dans le cercle fermé du top 10 des fournisseurs de solutions de paiement électronique. Ce classement prend en compte aussi bien la qualité de l’offre, la présence géographique que la capacité d’innovation et le niveau de satisfaction des clients des service providers.

La solution PowerCard, développée par HPS, est une suite logicielle intégrée et modulable dédiée au paiement électronique multicanal. Au-delà des 350 institutions financières dans plus de 85 pays qui utilisent la solution PowerCard, HPS propose également sa solution à des pétroliers, des opérateurs télécoms, la grande distribution, les fonds de pension ainsi que des services de paiement e-Gov. 

De la Fintech à la Smart City, quel rôle peut jouer HPS ?

Dans le contexte actuel où les villes à travers le monde se transforment pour devenir de véritables « Smart Cities », une ville comme Casablanca, siège du groupe HPS et capitale économique du Maroc, a mis en place des initiatives Smart City afin de rendre Casablanca plus connectée, durable et attractive pour ses citoyens, son écosystème d’affaires et les investisseurs étrangers.

Dans ce cadre, on peut imaginer HPS comme un acteur majeur de la transformation numérique des villes marocaines et contribuer ainsi à l’émergence de Smart Cities du royaume chérifien aux côtés du groupe OCP, leader mondial dans le marché des phosphates et de ses dérivés. On peut, à titre illustratif, citer l’exemple du projet de ville nouvelle - Ville verte Mohamed VI, lancé en 2009 par les instances publiques et piloté par le groupe OCP. Ce projet vise à favoriser la création autour de la ville de Benguérir d’un écosystème de savoir et d’offrir des lieux de vie et d’échanges attractifs et écologiques. 

L’ambition affichée de cette ville nouvelle est la création d’un hub académique et scientifique décliné autour de la conception de l’université Mohamed VI Polytechnique. L’objectif étant de dynamiser la recherche académique via des partenariats internationaux, la R&D du tissu industriel local et national (à noter, l’existence au Maroc de MAScIR, centre de R&D appliquée dans les biotechnologies, nanotechnologies et la micro-informatique rattaché au groupe OCP) et l’incubation d’entreprises. Le groupe HPS, pour sa part, pourrait proposer de nouveaux services adaptés à la population marocaine, qui dispose d’une jeunesse avide d'entreprendre.

Les synergies entre le groupe HPS et le groupe OCP dans le développement de villes marocaines vertes, intelligentes, connectées semblent intéressantes à exploiter. Le Maroc connaît un développement économique sans précédent avec des talents dans le domaine du numérique et de la valorisation des ressources naturelles qui pourrait permettre l’émergence de « smart & connected cities ».

Malgré plusieurs initiatives existantes pour ancrer le Maroc dans l’ère du numérique (Startup Week-end, Startup Maroc Championship, les Technoparks de Casablanca, Rabat &Tanger), les verrous culturels restent importants. La prise de risque n’est pas suffisamment favorisée et l’échec d’une startup est encore mal perçu par la société marocaine. L’exemple du groupe HPS, qui a su développer un projet en une success story à l’international et un champion national, est à raconter dans les lycées, les écoles de commerce et d’ingénieurs et les universités marocaines afin de donner envie à cette jeunesse de croire en ses rêves et de les réaliser.

Un travail de sensibilisation et d’éducation à la création d’entreprise est nécessaire au Maroc qui peut compter sur au moins deux champions nationaux, leaders mondiaux dans leur domaine, HPS et OCP, deux groupes aux cultures et business différents mais qui gagneraient à se rapprocher pour doter le Maroc de Smart Cities et contribuer à faire du Maroc la prochaine Silicon Valley du continent africain.

 

Rédigé par Yoni Abittan
Strategic Analyst, L'Atelier BNP Paribas