Créé il y a trois mois, l'entreprise Fon se fixe comme objectif de mettre en place un réseau global de partage de connexions Wi-Fi, dans lequel les membres qui mettent en partage leur réseau...

Créé il y a trois mois, l'entreprise Fon se fixe comme objectif de mettre en place un réseau global de partage de connexions Wi-Fi, dans lequel les membres qui mettent en partage leur réseau bénéficient gratuitement de celui de leurs pairs.
 
Fon, qui vient de réaliser son premier tour de table, est parvenue à lever 18 millions d'euros auprès d'investisseurs comme Google, Skype, Index Ventures ou Sequoia Capital, l'un des principaux fonds d'investissement de la Silicon Valley. A cette occasion, Danny Rimer (Index Ventures), Mike Volpi (Cisco) et Niklas Zennström, fondateur de Skype, rejoignent le conseil d'administration de Fon.
 
Le principe de cette start-up est simple : l'utilisateur installe un logiciel dédié sur son routeur Wi-Fi, qui lui permet de partager sa connexion Internet avec les autres membres, baptisés les Foneros. On en compte actuellement 3000...
 
Plusieurs niveaux d'utilisateurs existent : les Linus, les Bills et les Aliens. Ces derniers sont "au cœur" du modèle économique de Fon, indique son fondateur, Martin Varsavsky.
 

Les Linus (en référence à Linus Torvalds, le créateur de Linux), partagent gratuitement leur connexion Wi-Fi avec les autres Foneros et bénéficient en échange d’un accès gratuit au réseau Fon partout dans le monde. Cette formule est d’ores et déjà opérationnelle. Les Linus ne paient rien, mais contribuent à populariser le modèle de Fon.
Les Bills (en référence à Bill Gates), propriétaires de bars, restaurants, commerces mettent à disposition de leurs clients une connexion Wi-Fi moyennant rémunération. Les Bills contribuent à accroître le nombre de connectés, et partagent à égalité leurs revenus avec Fon, qui les référence. Cette formule sera disponible d'ici quelques mois.
Les Aliens (étrangers au concept de partage), paient pour se connecter au réseau Fon, où qu'ils soient : 1,50 euro pour 30 minutes, 5 euros pour 24 heures, ou 35 euros par mois.

Fon n'ambitionne donc pas de devenir un réseau complètement libre et, selon son fondateur, ne se positionne ainsi pas comme un concurrent des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) traditionnels, mais plus comme un allié leur permettant de proposer l'itinérance à leurs abonnés.
 
Objectif : étendre le réseau des Foneros partout dans le monde, seul moyen de promouvoir Fon comme un véritable moyen d'accéder en tout temps et en tout lieu à Internet. Un fournisseur d'accès suédois, Glocalnet, a déjà signé avec Fon pour proposer à ses abonnés des routeurs équipés de l'application de partage. "Offrir à nos clients un accès Internet mobile sans coût supplémentaire est un argument de vente fort", indique son directeur marketing, Martin Tiveus.
 
On comprend l'intérêt de Skype pour un tel projet : l'avènement d'un réseau Wi-Fi mondial signifierait pour lui d'excellentes opportunités dans le domaine de la téléphonie mobile. Cependant, Fon ne risque-t-il pas de se heurter au même problème que certains prestataires de voix sur IP dont les clients n'utilisent que les services gratuits, et de n'attirer dans son réseau que des Linus ?
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 06/02/2006)