Les échanges électroniques avec le personnel soignant ou l’alimentation personnelle du DMP seraient des usages attendus par la population française.

Les Français prêts à dématérialiser les relations avec les praticiens.

Alors que l’introduction du dossier médical personnel avait pu susciter des débats relatifs à la confidentialité de données personnelles, la pratique d’une médecine numérique semble désormais plébiscitée par les Français. C’est en tout cas ce que fait apparaître le baromètre Syntec Numérique BVA relatif à la e-santé. La confiance envers son médecin ne semble donc plus désormais guidée uniquement par la relation physique que l’on peut avoir avec celui-ci. Les usages numériques ont en effet tellement pénétré la sphère quotidienne qu’ils sont désormais à l’origine d’une véritable attente de la part des patients et plus largement de la population. Plus de trois quarts des Français souhaiteraient en effet échanger régulièrement par e-mail ou SMS avec leur médecin traitant à propos de leurs problèmes de santé bénins, ne nécessitant pas de consultation. « La e-santé est le parfait exemple d’une application intelligente du numérique à une réforme de notre modèle administratif français, encore bien trop traditionnel », commente Bruno Vanryb, Président du Collège Editeurs de Syntec Numérique.

Des besoins nécessaires en cas de maladie chronique et de suivi postopératoire

Les attentes en termes d’échanges électroniques sont en fait tirées par les personnes atteintes de maladies chroniques (83%) et par les personnes en situation postopératoire (82%). L’autodiagnostic semble trouver un écho dans cet environnement puisque 76% des individus déclarent vouloir obtenir la possibilité d’échanger régulièrement avec leur médecin pour des problèmes de santé bénins et/ou ne nécessitant pas d’osculation. 51% le déclarent sans même vouloir de rendez-vous physique préalable. Cependant, dans le cas jugés plus sérieux, les interrogés n’envisagent un recours à l’impersonnel qu’après avoir eu préalablement un rendez-vous physique avec un praticien. Autre élément à souligner, l’âge n’interviendrait pas sur ce sujet. Les plus âgés (plus de 65 ans) seraient effectivement très enclins à intégrer les relations numériques (78%). C’est plutôt le niveau d’occupation qui semble diriger les débats puisque les CSP + sont 57% favorables aux échanges uniquement virtuels pour des cas bénins contre 50% pour les CSP – et 48% pour les inactifs.

Un DMP totalement admis et à alimenter

Une fois le principe du DMP expliqué, on constate une adhésion particulièrement élevée à celui-ci. En effet, 85% de l’échantillon se déclarent favorables à ce dossier. Ce constat est en nette hausse depuis 3 ans puisque seulement 74% de la population y étaient alors favorables. Au delà de l’adhésion de principe, un réel engagement envers le DMP est possible à observer. En effet, 92% se disent prêt à l’alimenter. 62% seraient même prêts à y mettre absolument tous les examens et consultations qui les concerneraient. En fait, seule une personne sur sept (14%) se montre assez hostile à la mise en pratique du dossier médical électronique, 7% ne souhaitant y voir figurer que des informations non médicales de base (tailles, poids, groupe sanguin) et autant ne souhaitant pas du tout avoir un DMP.  Et là encore, les plus âgés sont les plus enclins à se livrer  en fournissant leurs informations personnelles de manière électronique.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste