Environ une grande entreprise sur cinq est en train d'affûter sa stratégie liée à ce mode d'innovation. Un résultat encore en demi-teinte, qui souligne l'idée qu'il faut passer d'une vision "outil" à une vision "projet".

En France, l'innovation ouverte bien perçue, encore peu appliquée

Positivement et justement perçue, l'innovation dite ouverte est considérée par la majorité des sociétés française comme une source d'enrichissement de projets innovants. Près de 95 % des entreprises interrogées en connaissent ainsi la bonne définition, et plus de neuf sur dix pensent que ce mode de collaboration leur permettra d'innover plus rapidement. C'est ce que révèle une enquête menée par Bluenove, qui souligne que du coup, les projets associés représenteraient des enjeux importants ou très importants pour près de 36 % des entreprises. Et plus de 40 % d'entre elles disent s'apprêter à mettre en place les premiers éléments de ces stratégies. Mais de la théorie à la pratique, il y a un pas : dans près de neuf compagnies sur dix interrogées, moins de 20 % des nouveaux produits ou services sont issus d'une démarche d'innovation ouverte. Par comparaison, aux Etats-Unis, le chiffre s'élevait à 50 % en 2009.

Un retard causé par de multiples réflexions...

Pour Bluenove, ce retard, estimé à deux ans, s'explique notamment par le fait que les Français considèrent l'innovation ouverte comme un outil. Elle n'est donc pas encore constitutive du projet d'entreprise et manque de soutien de la part des dirigeants. Plongées dans d'importante réflexions sur les questions de collaboration interne ou externe, près de 90 % des personnes interrogées pensent que cette démarche expose l'entreprise à des risques de vol ou de détournement de propriété. Par ailleurs, les concepts et la méthodologie de mise en œuvre seraient peu palpables, et les entreprises auraient donc besoin de support hiérarchique, notamment pour former les collaborateurs au partage et à la gestion des connaissances. Point positif, les entreprises ont globalement conscience des risques potentiels liés aux politiques d'Open Innovation et que cette démarche porte ses fruits sur du moyen terme.

...malgré une vision pragmatique

Les sociétés françaises (85,3%) ont conscience qu'il est indispensable de "mobiliser tous les collaborateurs de l'entreprise dans un effort global d'innovation" et que le budget des départements de Recherche et Développement  (78,2 %) n'est pas le facteur principal. Il s'agit ainsi d'intégrer les services de communication, les directions de systèmes d'information et à l'évidence, les Directions de ressources humaines. Ces dernières sont d'ailleurs perçues pour 88,5% des entreprises comme un moyen de fidéliser les collaborateurs autour de l'Open Innovation. Mais ce n'est pas tout : l'Open Innovation est perçue comme un moyen de se focaliser sur les compétences du cœur de métier des collaborateurs et comme un accélérateur d'innovation, autrement dit, un réducteur du temps d'arrivée d'un nouveau produit sur le marché. Il ne reste donc plus qu'à dépasser cette phase d'acceptation, pour passer à la mise en œuvre de projets collaboratifs.

Rédigé par Hugo Sedouramane