Alors qu'entre 1995 et 1996, la France avait été incapable d'accueillir le moindre projet et avait subi des délocalisations, elle est aujourd'hui plutôt bien placée pour attirer les centres d'appels...

Alors qu'entre 1995 et 1996, la France avait été incapable d'accueillir le moindre projet et avait subi des délocalisations, elle est aujourd'hui plutôt bien placée pour attirer les centres d'appels. L'an dernier, les investisseurs américains ont ainsi créé 610 emplois dans la région parisienne et le Sud-Est, avec notamment Kykes, Sitel et Transcom, chiffre qui devrait doubler au minimum cette année. Fin janvier, l'antenne nord-américaine de la Datar avait en prévision en effet 16 nouveaux projets américains représentant 2 450 emplois potentiels. Selon Remi Girardot, le directeur de l'agence "Invest in France" à Netw York "c'est 10 % du total des emplois créés en France l'an dernier par les investissements étrangers". Sept des nouveaux projets concernent des sociétés de haute technologie pour l'établissement de centres de support technique (1 000 emplois), cinq viennent de sous-traitants en centres d'appels (700 emplois), trois portent sur des centres de prises de commandes ou de réservations (300 emplois). Le dernier, celui d'une société de services financiers permettra de créer 400 emplois. Bien que toujours en concurrence avec d'autres pays européens pour ces implantations, la France est désormais plutôt bien armée. En effet, étant entrée plus tard que ses voisins dans ce domaine et avec des coûts salariaux très compétitifs, il y est plus facile de recruter des téléopérateurs. le marché étant nettement moins saturé que dans d'autres pays, La France a également un avantage linguistique. Chargé de mission à l'agence "Invest in France", Nicolas Lenoir explique "les centres d'appels recherchent de plus en plus des téléopérateurs utilisant leur langue maternelle. L'Allemand qui appelle à Marseille doit croire qu'il appelle en Allemagne". La saturation du marché oblige les entreprises en Irlande et aux Pays-Bas à recourir à des expatriés, ce qui a une incidence sur les salaires. Cette pression sur les salaires n'existe pas en France dans le secteur des centres d'appels. Le niveau de rémunération mensuelle se situant entre 7 000 et 9 000 F, la part des charges sociales varie de 24 à 33 %, au lieu de 45 % dans les tranches supérieures. Ceci est comparable à l'Irlande et inférieur aux Pays-Bas "L'Allemagne n'est pas un concurrent en raison des coûts salariaux nettement plus élevés et du manque de flexibilité des lois sociales qui interdisent le travail dominical". En nombre de centres d'appels, la France se situe en troisième position derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne, mais loin devant les Pays-Bas, l'Irlande et la Belgique. Alors que jusqu'à présent l'Irlande a largement profité du modèle pan-européen unique, c'est-à-dire un seul centre d'appels pour servir toute l'Europe, les entreprises se tournent aujourd'hui vers la création de centres régionaux. Rémi Girardot indique "nous conseillons aux investisseurs américains de garder un pied dans les îles Britanniques s'ils y sont déjà, mais d'en mettre aussi un sur le continent, tant pour des raisons géographiques que de sécurité technique". De plus, le modèle unique pan-européen se heurte à la difficulté de recruter et de gérer du personnel de nationalités différentes. Selon Nicolas Lenoir "au-delà de 50 nationaux, il est plus rentable de créer un centre d'appels, sinon dans le pays de ces nationaux, du moins dans celui où l'on a le plus de chances de les trouver". (Le Figaro - 17/02/1999)