Le projet vise à mettre en place ce que ses concepteurs appellent un simulateur sociologique qui, en compilant de multiples données, serait capable de deviner l'imminence de conflits, de crises, de changements...

FuturICT souhaite modéliser et prédire les événements à l'échelle mondiale

Recenser des données générées par diverses sources comme les médias sociaux, les infrastructures publiques, de nombreux smartphones, mais aussi des données produites par la nature telles que la météorologie. C'est ce que souhaite réalisé FuturICT, un projet financé par la Commission européenne et qui implique une cinquantaine d'écoles et d'universités. Le but : mettre au point un "simulateur sociologique", dont le fonctionnement serait comparable à celui d'un système nerveux central. Les chercheurs sont partis du principe de la théorie des dominos ; à savoir qu’il était possible que l’analyse de l’enchaînement de certains micro-évènements par une plateforme puisse anticiper des manifestations plus importantes telles que les crises financières ou certains conflits mondiaux. L'élaboration de cette plateforme serait motivée par les enjeux économiques de ces évènements, mais également par l’objectif d’une meilleure compréhension de la diversification des interactions  humaines. La multiplication des sources ne devrait cependant pas crouler sous la coordination et la lecture de ces nombreuses données numériques.

Une plateforme à trois niveaux

Les nouvelles technologies d’informations et de communications devraient jouer un rôle majeur dans la compilation et l’assimilation de ces dernières, en intégrant notamment le Big Data. Pour cela, les scientifiques ont divisé le fonctionnement de cette plateforme en trois divisions, capables d’interagir les unes entre les autres. Un "système nerveux" planétaire approvisionnerait le Living-Earth-Simulator(L.E.V. ndlr), sorte de meta-modèle du monde et de la société humaine, en importantes quantités de données déjà agrégées. Ces données relèveraient à la fois de sciences économiques, humaines et environnementales. Le data-mining tiendrait compte également des  capteurs des smartphones, tels que les accéléromètres, les GPS, ou bien encore les microphones.

Une vocation non-intrusive

Avec ces grandes quantités de données, le L.E.V. utiliserait de nombreux super-ordinateurs, capables d’intégrer et de corréler toutes ces données avec plusieurs systèmes mathématiques sophistiqués. Il pourrait ainsi élaborer de nombreux scénarii, sur plusieurs thématiques. Le dernier niveau, la Global Participatory Platform, permet à chaque utilisateur d’avoir accès à des données et prévisions, selon son profil, sur tous ces sujets, et d’interagir librement avec d’autres individus. Beaucoup de scientifiques ont rappelé que le data-mining ne violerait pas la confidentialité de certaines données des utilisateurs, et que la plateforme devrait nécessiter de nombreuses autorisations à ces derniers, pour leur permettre d’être prélevées, partagées et discutées. Le projet pourrait être finalisé en fin d’années 2013, et devrait être activé dès 2014.