Son fondateur, Marc Lassus, vient d’embaucher l’ancien numéro deux financier d’Intel, Patrick Jones qui devrait être l’homme de l’opération, à charge pour lui de commencer par rationaliser les finan...

Son fondateur, Marc Lassus, vient d’embaucher l’ancien numéro deux financier d’Intel, Patrick Jones qui devrait être l’homme de l’opération, à charge pour lui de commencer par rationaliser les finances de la société “nous avons attendu trop longtemps pour renforcer notre organisation financière qui est notre point faible. Elle n’est pas adaptée à une entreprise qui emploie 4 000 personnes et qui fait 3,5 milliards de chiffre d’affaires”. Après avoir renforcé cette année son actionnariat en faisant rentrer au capital le japonais NTT, l’américain GE Capital et Dassault, Gemplus se trouve désormais à un tournant important, le marché de la carte à puce devenant de plus en plus celui de solutions intégrées pour des services variés comme l’explique Marc Lassus “95 % de nos ventes sont encore dans la vente de composants, mais nous voulons aller vers de plus en plus de valeur ajoutée avec le logiciel et les services intégrés”. Après avoir renforcé considérablement ses équipes de développement logiciel, Gemplus cherche à créer de nouveaux marchés en plaçant ses puces dans les objets de luxe pour éviter la contrefaçon ou en les utilisant pour remplacer les codes-barres sur les marchandises. Mais il faut aussi améliorer la rentabilité de l’entreprise. De 140 millions de F en 1996, le bénéfice net a chuté en 1997 à 14 millions de F pour un chiffre d’affaires en hausse de 50 %. Cette contre-performance serait due essentiellement à l’acquisition de Skidata, à la création de nouvelles usines en Chine et au Mexique ainsi qu’à l’agrandissement du site de Gémenos en France. Patrick Jones assure “cette année, le bénéfice net sera significativement plus important que celui de 1997. A l’avenir, la société est capable et devrait réaliser, un résultat après impôt de 4 à 5 % ainsi que 15 % de rentabilité nette sur fonds propres. C’est notre objectif”. Ayant depuis janvier réduit le nombre de ses salariés de 4 100 à 3 900, diminuer ses stocks et accentuer les synergies entre les usines, “les résultats opérationnels seront” en conséquence “bien meilleurs cette année”. Marc Lassus assure “cette année aurait été exceptionnelle s’il n’y avait pas l’Asie, mais nous battrons encore des records en termes de chiffre d’affaires à la fin de l’exercice”. La croissance des ventes de téléphones portables a permis de soutenir l’activité en Europe. En revanche, les établissements financiers en Amérique du Nord ne s’étant toujours pas convertis à la carte à puce, ce marché ne décolle pas. Réalisant 90 % de son chiffre d’affaires hors de France, Gemplus s’est réorganisé en trois régions (Europe, Asie, Amérique) en début d’année . Daniel Le Gall, confondateur de Gemplus, a pris la direction opérationnelle de la société. Installé désormais à Londres, Marc Lassus se consacre au développement international et aux acquisitions. (Les Echos - 21/09/1998)