Si la Silicon Valley reste en tête des villes abritant le plus de start-ups au monde, de nouveaux centres entrepreneuriaux émergent et l’innovation reste concentrée en quelques points du globe.

La géographie mondiale des villes du numérique est-elle en mutation ?

Le nombre de start-ups  est révélateur de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de la croissance économique d’une région ou d’une ville. A titre d’exemple, le célèbre accélérateur californien YCombinator (ayant incubés notamment Airbnb ou encore Dropbox) a pris sous son aile plus de 700 start-ups depuis sa création en 2005 par le célèbre Paul Graham. La géographie du numérique est encore peu étudiée, mais son importance est capitale car le numérique a, d’une part, un rôle à jouer dans la croissance économique des régions car abritant des jeunes pousses, mais il peut être aussi un relais d’attraction  couplé aux atouts d’un territoire (mise en valeur de monuments par exemple). Le rapport fourni par la firme d’investissement Atomico dresse un bilan des épicentres de l’innovation mondiale et celui-ci montre une diversification des centres d’innovation.

La Chine, nouveau foyer des start-ups ?

Fait révélateur de cette mutation : Beijing concentre maintenant 17 "billion dollars start-ups", soit 12,5% de la totalité dans le monde. Plus impressionnant encore : la côte est de la Chine (de Beijing à Guanzhou en passant par Shanghaï) en compte 26. L’Est de la Chine est historiquement la région la plus développée du territoire, des programmes ayant été mis en oeuvre pour développer le centre et l’Ouest du pays, encore rural et qui couvre 70% du pays, datant de la République Populaire de Chine (comme le Programme de développement de l’Ouest). L’Est de la Chine a aussi des infrastructures de plus en plus connectées (le réseau Internet s’étend de plus en plus, avec 40% des habitants qui souscrivent un abonnement selon l’international Data Corporation) et les chinois sont de plus en plus adeptes des nouvelles technologies (c’est un foyer d’innovation mondial pour les technologies mobiles).

Des nouvelles terres d’accueil sont aussi en train de se développer pour les start-ups comme New York (7 start-ups valorisées à plus d’un milliard) mais aussi Stockholm (cinq start-ups) ou encore Los Angeles (4 start-ups). D’autres foyers sont aussi en plein expansion : Paris, Londres, Mumbai, Tel Aviv, Bangalore. La scène entrepreneuriale coréenne est aussi en pleine expansion. L’Afrique et l’Amérique Latine ne compte cependant aucune start-up valorisée à 1 milliard de dollars, alors que le Moyen-Orient n’en compte pour l’instant qu’une seule (Mobli). En définitive, au moment où 9 villes françaises viennent de recevoir le label French Tech, et que de nouveaux centres d’innovation sont en train d’émerger dans le monde, les disparités sont encore de taille, et la concentration de l’innovation en des points précis du globe montrent l’enjeu que représente la géographie du numérique.

La Silicon Valley, siège des "1 Billion dollar" start-ups

Néanmoins, le constat fait par Atomico est sans appel : 39% des start-ups ayant atteint une valorisation à plus d’un milliard de dollar sont basées dans la Silicon Valley et plus largement 58% sont basées aux Etats-Unis. Au delà des GAFA (acronyme pour Google, Apple, Facebook et Amazon) qui ont maintenant des valorisations dépassant les dizaines de milliards de dollars (472 milliards de dollars pour Apple qui en fait la première valorisation boursière mondiale), les start-ups, un peu plus modestes que ces géants, appartenant au club très restreint des entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars sont en majorité situées dans la Silicon Vallée. On trouve Uber, Snapchat, Airbnb, Dropbox, Square …

Ces success stories généralement relatives à l’ère internet attirent sans aucun doute les entrepreneurs du monde entier vers la Vallée, mais aussi les investisseurs : 13,9 milliards de dollars investis au second trimestre dans la région. La Silicon Valley reste donc incontestablement le centre de l’innovation numérique mondiale. Les start-ups y sont omniprésentes, et le tissu d’interactions des entreprises, des universités prestigieuses (Stanford, Berkeley…) et des fonds d’investissements font de cette région une zone d’innovation unique au monde. Les start-ups ont tout de même tendance à se recentrer dans San Francisco même, et l’on observe aussi ce phénomène dans de nouveaux centres d’innovation.

 

 
Rédigé par Arthur de Villemandy