Les informations localisées ne seraient pas encore forcément jugées comme étant dites sensibles. Le faire ne nuirait pas forcément à l'engouement qu'elles suscitent.

Géolocalisation : déclarer les données sensibles pour améliorer leur usage ?

La géolocalisation en temps réel soulève des interrogations légales quant à la qualification de données dites "sensibles", récoltées par les entreprises. Dans l’International journal of private Law, une juriste à l’Ecole de commerce d’Aarhus explique que tous les types de données géolocalisées devraient être considérées comme sensibles. Notamment parce que les appareils mobiles sont de plus en plus équipés de systèmes qui facilitent la géolocalisation comme le CSM GPRS ou GPS. Pernille W. Jessen explique du coup que définir ces données comme "sensibles" influera sur les avis émis par les usagers. Ces derniers seront en effet plus avertis quant aux informations qu’ils partagent.

Un texte flou

Or, explique la juriste, le texte de loi européen qui réfère actuellement au sujet, et relatif à "la vie privée et aux communications électroniques*", reste flou. Cette directive vise ainsi à protéger toute donnée sensible, c’est à dire concernant la vie privée d’un individu, mais ne précise pas si la géolocalisation est concernée. D'où la nécessité, exprime Pernille Wegener Jessen, de mettre en place un texte spécialement dédié à ces contenus, et non pas de les lister brièvement, puisque la liste peut évoluer. En cas d’absence de texte, les européens verraient leur intégrité affaiblie déjà que les consommateurs sont, selon l’auteur, "en permanence contrôlés".

Anonymisation ?

Ces données, mixées avec des informations sociodémographiques permettent par exemple aux publicitaires d’anticiper les comportements des consommateurs. Ce type de démarche réveille du coup des interrogations législatives. En effet, la question de l’anonymisation de données géolocalisées sur les citoyens consommateurs sera indéniablement soulevée mais rendra de ce fait les processus de géolocalisation bien moins utiles pour les commerçants. La chercheuse propose donc la possibilité d’exploiter ces informations dans certaines conditions, à savoir si le consommateur donne son accord librement et explicitement.

*Directive 2002/58/CE, publiée au Journnal officel n°L 201 du 31/07/2002