Avec une IPO qui devrait lui rapporter au moins 2,5 milliards de dollars, Google va considérablement augmenter son trésor de guerre, déjà estimé à près de 500 millions de dollars. Qu’en fera-t-il...

Avec une IPO qui devrait lui rapporter au moins 2,5 milliards de dollars, Google va considérablement augmenter son trésor de guerre, déjà estimé à près de 500 millions de dollars. Qu’en fera-t-il ?

« Ils vont investir pour devenir un vrai site portail à la Yahoo », prévoit Mark Argento, analyste de ThinkEquity Partners, à San Francisco. Mais pour enrichir cette partie émergée de l’iceberg et concurrencer directement son voisin californien, Google devra accélérer ses développements technologiques.

Ce qui est déjà le fondement même de la société : tous les deux fils de scientifiques, les deux fondateurs ont inventé à Stanford un algorithme de recherche aujourd’hui encore considéré comme l’une des meilleures technologies de base au monde. Surtout, la société s’est développée depuis en cultivant une culture de la créativité qui pousse, par exemple, les salariés à travailler chaque semaine sur des projets de recherche personnels, qui n’ont rien à voir avec leur activité chez Google.
Piste n°1 : la personnalisation

Pour rester dans le peloton de tête de la recherche en ligne, Google travaille dans plusieurs directions, l’une d’entre elles étant la personnalisation. Fin mars, la firme californienne a lancé un nouveau service qui permet aux internautes de remplir eux-mêmes un long questionnaire (plus de 200 sujets), qui aidera le moteur à trier dans les réponses, en fonction de ces profils.

Cet outil, qui est le résultat de l’acquisition récente de deux start-up, Outride et Kaltix, n’est encore qu’une version d’évaluation. Mais les premiers utilisateurs constatent qu’il affine considérablement les résultats. Avec les limites de ce mode de fonctionnement, qui impose à l’utilisateur de maintenir à jour son profil.
Piste n°2 : la recherche locale

L’autre direction dans laquelle Google compte proposer de nouveaux services est celle qui permet de chercher non pas une information mais une personne, sur le web. Google teste actuellement un service baptisé Orkut - du nom du responsable du projet - qui donne la possibilité à un internaute d’accéder à des spécialistes ayant accepté de se porter membres d’un réseau et qui peuvent répondre à une recherche en ligne.

Pour aller encore plus loin dans ce domaine, Google devra cette fois rivaliser avec des start-up récentes, comme Quova, dans la Silicon Valley. Celle-ci sait déjà proposer aux cyber-marchands une technologie qui permet de localiser à quelques centaines de mètres près l’ordinateur d’un internaute qui effectue une recherche en ligne. Une information précieuse pour mieux cibler ses clients et, éventuellement, les attirer vers des magasins de proximité.

L’urgence d’améliorer et de diversifier ces technologies liées à la recherche en ligne est renforcée par l’arrivée prochaine de Microsoft sur ce marché. Microsoft aurait déjà une technologie de recherche personnalisée et un moteur de recherche spécifique pour les « weblogs », ces sites personnels qui connaissent un succès croissant. Et dispose d’un budget de R & D de 5 milliards de dollars par an pour démoder les technologies de Google…
Michel Ktitareff