Le cabinet d'avocats Keker & Van Nest, de San Francisco, défendra Google dans le conflit qui l'oppose à Microsoft. Le différend porte sur l'embauche par Google d'un ancien cadre...

Le cabinet d'avocats Keker & Van Nest, de San Francisco, défendra Google dans le conflit qui l'oppose à Microsoft. Le différend porte sur l'embauche par Google d'un ancien cadre de chez Microsoft.

Kai-Fu Lee est un ingénieur chinois, qui s'occupait pour Microsoft des innovations à apporter au moteur de recherche MSN Search. Il avait pour cela signer une clause de non-concurrence, que l'éditeur de Redmond l'accuse d'avoir bafoué en acceptant d'aller travailler pour Google.

Google a annoncé le 19 juillet avoir embauché Kai-Fu Lee pour que ce dernier dirige son centre de Recherche & Développement en Chine. Immédiatement, le géant de l'informatique a déposé une plainte contre son ex-employé et contre le moteur de recherche, estimant que l'embauche d'un de ses anciens employés risquait de se traduire par une fuite d'informations stratégiques.

Microsoft a justifié sa position en rappelant que Kai-Fu Lee avait signé un accord de confidentialité et de non-concurrence lors de son recrutement, et que son transfert chez Google revenait à une rupture pure et simple de ces accords. Le moteur de recherche rétorque que la loi californienne autorise les employés, même lorsqu'ils sont sous contrat de non-concurrence, à travailler où ils le souhaitent.

Fin juillet, la Cour rend son verdict : l'ingénieur peut aller travailler chez Google, mais il ne doit pas s'occuper de projets similaires à ceux dont il avait la charge chez Microsoft. Ce dernier aurait pu s'estimer satisfait s'il n'avait pas découvert dans la corbeille du poste de Kai-Fu Lee un document émanant de Google invitant l'ingénieur à rejoindre ses troupes et à rompre son contrat avec Microsoft.

L'affaire prend maintenant une ampleur symbolique de la rivalité entre les deux géants. Pour mettre toutes les chances de son côté, Google a fait appel à l'un des plus prestigieux cabinets de San Francisco, qui s'était par exemple illustré dans l'affaire Enron.

Consultés par le San Francisco Chronicle sur le choix de Google, des avocats de la ville estiment que le numéro un de la recherche a fait le bon choix : "Je suis désolé pour Microsoft", ironise l'un d'eux.

La lutte pour l'hégémonie de l'Internet se fait décidemment à tous les niveaux, et les affaires qui en découlent prennent parfois un tour sordide. Google devrait être prudent s'il ne veut pas finir par être diabolisé comme l'a longtemps été un certain... Microsoft !

(Atelier groupe BNP Paribas - 30/08/2005)