Acte I - Le 14 décembre 2004, le premier moteur de recherche mondial dévoilait les ambitions de son projet « Google Print ». Voici les grandes lignes de ce projet dont la version bêta vient...

Acte I - Le 14 décembre 2004 , le premier moteur de recherche mondial dévoilait les ambitions de son projet « Google Print ». Voici les grandes lignes de ce projet dont la version bêta vient d'être lancée fin mai 2005.

L'objectif général ? Organiser l'information mondiale en mettant sur la Toile le maximum de textes édités, sans hiérarchie ni classement particulier. Comment ? En proposant aux bibliothèques (Google Print Library Project) ainsi qu'aux éditeurs (Google Print Publisher Program) de mettre en ligne leurs ouvrages papiers, intégralement ou partiellement, si ces derniers restent sous copyright.

Grâce à quelles  bibliothèques ? Quatre d'entre elles ont jusqu'à présent adhéré au projet « Google Print » : les bibliothèques des universités américaines d'Harvard, du Michigan et de Stanford, la New York Public Library ainsi que la Bodleian Library qui est rattachée à l'université d'Oxford (Grande-Bretagne).

Quelle quantité de livres ? Compte tenu des fonds des quatre bibliothèques, 15 millions de livres pourraient être numérisés, soit environ 4,5 milliards de pages Web, d'ici six ans. Cela représenterait plus de 2 millions de pages à numériser chaque jour ! Mais seulement 15 % des quelque 100 millions d'ouvrages publiés depuis l'invention de l'imprimerie (1455). Depuis janvier 2005, Google Print numériserait en moyenne 50 000 pages/jour, soit 40 fois moins que nécessaire…

Sous quelles conditions ? Les bibliothèques disposent d'un droit de veto sur la numérisation de certains ouvrages, et la possibilité offerte par Google de disposer de deux versions numériques : l'une pour le Web, accessible via Google Print, l'autre disponible pour le site de la bibliothèque !

Le budget de « Google Print » ? Le coût du projet de numérisation est estimé entre 150 à 200 millions de dollars (soit environ 10 dollars par livre). Google n'a toutefois pas confirmé cette fourchette de coûts…
Du côté éditeurs ?  Ces derniers donnent au préalable leur accord sur la mise en ligne de leur ouvrage sous copyright (après 1923, selon la loi américaine). Après quoi, Google Print n'affiche pour l'internaute qu'un nombre limité de pages grâce à un système de cookies. Si aucun accord n'est obtenu avec l'éditeur, Google s'appuie sur la notion américaine de « Fair use » afin de proposer un « petit extrait » à l'internaute. Toujours gratuitement.

Ne déboursant rien, l'éditeur peut cependant toucher des revenus via les liens sponsorisés (« Google AdWords ») utilisés par des libraires en ligne pour vendre leurs publications. Google joue ici un rôle d'intermédiaire entre les éditeurs et des acteurs tels Amazon. A ce sujet, Google Print relate deux « success stories », dont celle d'Arcadia Publishing, éditeur américain leader sur le marché des histoires locales et régionales…

Jean de Chambure

(Atelier - groupe BNP Paribas - 17/06/2005)