Au départ, Google n'a rien à voir à cette affaire. Le contentieux oppose le gouvernement américain et la Cour suprême. Le premier veut faire adopter le Child Online Protection Act, une loi de...

Au départ, Google n'a rien à voir à cette affaire. Le contentieux oppose le gouvernement américain et la Cour suprême. Le premier veut faire adopter le Child Online Protection Act , une loi de 1998 qui impose de sévères sanctions et amendes aux internautes dont les sites diffusent des contenus pornographiques et nocifs pour les enfants. La Cour suprême refuse l'adoption de la loi telle qu'elle est actuellement rédigée, arguant qu'elle est une entrave directe au Premier amendement sur la liberté d'expression.

Pour défendre le projet de loi en l'état, le gouvernement cherche à établir un profil type de l'internaute. En ce sens, il a demandé à Yahoo, AOL, MSN et Google, de lui fournir des données sur leurs utilisateurs. Le seul réfractaire a été Google qui a refusé de révéler les termes recherchés pendant une semaine entière par ses utilisateurs ainsi qu'une liste aléatoire d'un million de ses adresses mails.

Google estime que cette demande n'est pas justifiée et beaucoup trop vaste. "Google n'est pas partie dans ce contentieux", déclare Nicole Wong, une représentante juridique du géant Internet, en référence au dossier préparé par les avocats du gouvernement pour la Cour suprême. Mais le gouvernement n'accepte pas ce refus et assigne Google en justice pour ne pas avoir coopéré. "Nous comptons vigoureusement protester contre la motion du gouvernement ", poursuit-elle.

Pourquoi les autres entreprises ont-elles immédiatement accepté de dévoiler des données sur leurs utilisateurs ? Pour Susan P. Crawford, professeur de droit à la Cardozo School à New York, "un sentiment est largement répandu : si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous". Ainsi, elle explique que les grosses entreprises sont prêtes à coopérer sur bien des points, aussi lourds soient-ils, pour éviter une éventuelle vengeance.

(Atelier groupe BNP Paribas - 20/01/2006)