Hier, Lionel Jospin a procédé à l'installation du Comité national pour le passage à l'an 2000. Présidé par Dominique Strauss-Kahn, ce comité, composé de 60 personnalités, se réunira tous les deux mo...

Hier, Lionel Jospin a procédé à l'installation du Comité national pour le passage à l'an 2000. Présidé par Dominique Strauss-Kahn, ce comité, composé de 60 personnalités, se réunira tous les deux mois d'ici à la fin de l'année pour permettre aux différents acteurs publics et privés d'échanger des informations, d'identifier les modes de coopération et d'informer l'opinion sur l'état d'avancement des travaux d'adaptation des systèmes informatiques et électroniques au passage à l'an 2000. Tout en soulignant la nécessité de mobiliser l'ensemble des acteurs de la société, en particulier les entreprises qui n 'ont pas encore pris conscience de la proximité de l'échéance "la situation demeure hétérogène, notamment dans le monde des PME", Lionel Jospin a rappelé que la démarche de l'administration devait être "exemplaire et incitative". Tout en se voulant prudent face aux risques de récession économique ou d'un ralentissement d'activité dans les premiers mois de 2000 évoqués par certains, Dominique Strauss-Kahn souligne aujourd'hui "je ne peux pas ignorer les conséquences économiques des dysfonctionnements massifs qui résulteraient d'une insuffisante préparation à cette échéance". Dans les prochains mois, la mobilisation du gouvernement va se traduire concrètement par un certain nombre de mesures de sensibilisation et d'incitation. Dans les prochaines semaines, en association avec les régions et les organisations professionnelles, des plates-formes d'information seront mises en place pour aider les entreprises au niveau local. Un projet de décret devrait être adopté prochainement pour mettre en place une procédure de traitement accéléré des marchés liés aux travaux d'adaptation à l'an 2000 dans les administrations. Dans les prochains jours, une instruction fiscale sera publiée afin d'étendre à l'an 2000 les mesures fiscales déjà mises en place pour le passage à l'euro. Des mesures plus spécifiquement adaptées aux PME qui, selon Marylise Lebranchu, secrétaire d'Etat aux PME, au Commerce et à l'Artisanat "sont encore peu actives à ce sujet" viendront compléter ces incitations. Cette année, les prêts bonifiés à l'artisanat seront en partie réservés aux investissements nécessaires au passage à l'an 2000. Enfin, un produit de financement spécifique, le Cofi 2000 permettra aux PME de financer aussi bien les dépenses en matériels que les dépenses immatérielles. Selon les estimations, le coût du passage à l'an 2000 devrait coûter à la France entre 50 et 100 milliards de F (entre 7,6 et 15,25 milliards d'euros) et représenter, au niveau mondial, entre 300 et 1 600 milliards de dollars. (Les Echos - Le Parisien - Le Monde - Le Figaro - La Tribune - 04/02/1999)